Notre-Dame de Cahuzaguet, une église pas vraiment comme les autres

Notre-Dame de Cahuzaguet, une église pas vraiment comme les autres

Visite de l’église de Cahuzaguet à Saint-Grégoire
L’église de Cahuzaguet présente un aspect sobre et « militaire ». Sur sa plate-forme, le bâtiment domine la rivière que les crues n’ont jamais touché et ouvre une route qui mène au plateau. Le talus semble le résultat d’un aménagement à une époque indéterminée.
La hauteur de l’édifice au sud est de sept mètres.
La petite église de Cahuzaguet sur la commune de Saint-Grégoire souffre d’un manque d’archives. Une bonne partie de celles-ci auraient été brûlées selon les propos de Francis Lacrampes (1). Avec sa haute stature, elle ne manque jamais d’étonner les promeneurs.
Jadis (2), elle fut le coeur d’une paroisse dont il reste encore quelques bâtiments pour la plupart à l’abandon. De cette paroisse témoigne assez bien le cadastre dit « napoléonien ».
Connaître l’origine du bâtiment relève de la gageure. Mais permettons-nous quelques hypothèses sur sa genèse et son évolution au cours des siècles. 
Localisation de l’église et du village au début du XIXe siècle. Un détail : on remarquera que la route qui passe à présent contre le cimetière était un peu plus au nord. Source: Archives Départementale du Tarn (plan cadastral)
À l’abri des crues, elle est installée sur un palier aménagé en hauteur presque contre le versant. À peine laisse-t-elle passer le chemin qui monte à Saint-Grégoire par Lacalm et Castelrouge.
Des matériaux du cru

Elle présente un aspect austère et l‘absence de revêtement à l’extérieur permet quelques observations. Elle est bâtie en moellons de schiste noir et gris mais aussi en rhyolite des alentours. Il y a très peu de galets de la rivière. Les moellons sont juste équarris allongés en lit pour s’approcher d’un appareil régulier. Ils révèlent des couleurs différentes selon la lumière du moment. Les joints sont incertains et comblés, il n’y a pas longtemps, par un liant épais.Très peu d’autres roches sont utilisées comme le grès ou le tuf, même pour les chaînages d’angle. Sauf exception (comme « bouches trous »), pas de brique non plus.

La simplicité prévaut

Orientée, c’est une nef unique. Donc sans transept. Tout en modestie, l’édifice s’ouvre actuellement par un porche au nord qui, comme souvent, ne révèle pas d’aspect très ancien. Le portail d’entrée a l’honneur de douze pierres de taille en grès. C’est une voûte en arc brisé peu harmonieuse à sa base qui ne révèle pas un côté roman.
Au sol, la probable table d’autel bien que rien ne puisse le confirmer. Le porche en tuile à l’imposante charpente ne revêt pas un caractère très ancien.
Bien que ce soit difficile à envisager, la tradition orale veut que l’on ait installé au sol la dalle de la table d’autel. Taillée d’un bloc dans un matériau difficile à définir, elle est polie par les piétinements. Très abimée, sans moulure, elle est percée d’une cuvette rectangulaire ou d’un trou (3).


À l’est, le chevet en hémicycle était percé de trois fenêtres comme c’est la tradition, dont deux en arc plein cintre. Une, la plus à l’est, fort modeste est bouchée par des briques. Parce qu’elle n’a pas été retouchée, elle est de facture plus ancienne que les deux autre sur les côtés, surtout au sud, où elle a été agrandie. Deux contreforts épaulent le mur du chevet sans décor.
Vue du chevet en hémicycle typiquement roman avec visiblement des campagnes de réhaussement. Trois fenêtres comme il fréquent.

Une étroite fenêtre obturée avec des briques éclairait le chevet. On remarque le linteau monolithique qui existe au-dessus et qui a été entaillé dans l’axe de la fenêtre pour donner (un peu) plus de lumière. « 
Au sud, donnant sur le Tarn, le mur gouttereau, tenu par un solide contrefort, est percé de  deux fenêtres très hautes, plein cintre. Chacune d’elles est surmontée d’un linteau monolithe. Elles éclairent actuellement le haut de l’édifice au niveau de la tribune. De l’intérieur, les embrasures montrent qu’elles sont de conception romane.

Les deux étroites fenêtres méridionale, sur le haut,  pour éclairer le bâtiment. Elles n’ont jamais été des meurtrières, comme on peut le lire ici ou là. Une génoise couronne le bâtiment. Depuis quand ?

Une porte à arc plein cintre ouvrait plein sud le mur gouttereau. Elle est aujourd’hui obturée.
Le pignon, à l’ouest, comporte une petite porte très semblable à la première. 

 

Petite porte obturée du mur gouttereau sud. Elle pose question quant au cheminement aux époques anciennes

Domine de quelques mètres un clocher doté d’une fenêtre étroite à l’ouest et d’une fenêtre plus large au nord vers la montagne. La visite de l’intérieur de ce clocher montre une étape de construction à part.
Le toit est actuellement couvert de lauzes d’époques différentes. Elles sont plus récentes au-dessus de la nef, plus anciennes sur le chevet.
Visite intérieure

Un enduit blanc à la chaux recouvre les murs. Aussi, est-il difficile d’observer le cas échéant des étapes de construction. 

L’intérieur se résume à une nef charpentée et une voûte en cul-de-four qui couvre l’abside au chevet. Dimension de la nef : 7, 40 m de long pour 4, 50 m de large. Enfin, une tribune en bois couvre la partie ouest.

L’aspect remarquable car typique du roman méridional primitif tient en ces voûtes outrepassées. Pour dire plus simplement, l’arc qui ouvre l’abside est en forme de fer à cheval (4)Cet aspect tient à une maîtrise imparfaite de la technique de construction des voûtes. 
À noter que c’est aussi vrai pour le plan même du chevet. Tout porte à le croire mais sans relevé planimétrique, il est difficile de le démontrer.
Il n’est pas impossible d’envisager que cette église ait été construite en deux temps, comme on peut le constater sur la photo ci-dessous. D’abord, le chevet, vers la fin du Xe siècle,  où l’arc repose sur des tailloirs différents de ceux qui supportent l’arc faisant la jonction avec la nef, construite dans un second temps dans le courant ou à la fin du XIe siècle. Il ne faut pas perdre du vue que les moyens n’étaient pas ceux d’aujourd’hui et, à l’origine, que nous soyons en présence d’un oratoire, bien souvent privé, qui deviendra église paroissiale sous la pression du pouvoir diocésain. À cette hypothèse de deux étapes de construction s’ajoutent les dimensions des fenêtres: extrêmement étroites au chevet, beaucoup plus larges dans la nef, donc plus récentes. De plus, la titulaire mariale est aussi un gage d’ancienneté.

Schéma d’une voûte outrepassée
Vue de la tribune, la voûte à arc plein cintre resserrée vers la bas est dite « outrepassée »à la jonction de la nef et du chevet.

La visite risquée (5) de la tribune et de la charpente qui protège la cloche n’apporte pas d’élément particulier d’interprétation. Il ne semble pas que la nef de l’église ait subi un exhaussement à une époque comme maintes églises de la région (6).
La nef semble avoir été construite sur 7 m de hauteur lors du projet initial. Seul le clocher fut ajouté après.

Vue de la tribune. Il est dangereux de prendre les escaliers pour accéder à la toiture. Les charpentes sont à restaurer.
L’intérieur est aménagé sans aucun souci de mise en valeur patrimonial, c’est bien le moins que l’on puisse écrire (carreaux en ciment bas de gamme au sol, table d’autel en mélaminé).
L’église de Cahuzaguet a été habillée maintes et maintes fois et les décors n’ont pas grand chose à voir avec le roman. Elle est dépourvue de sculptures post XIXe siècle à deux exceptions prés: un bénitier hexagonal inscrit qui remonterait au XVe siècle et une Vierge sculptée du XVIIe siècle dite « Statue de Notre Dame des Anges ».

 

Le bénitier en grès encastré dans le mur présente deux visages tournées vers l’extérieur. Celui d’une femme avec coiffe passablement effacé  et d’un homme à bonnet. A noter que les photos de Bernard sont remarquables.

Un tableau installé au sud réserve une bien belle surprise. Il s’agit  d’une toile du milieu du XVIIe siècle montrant un calvaire réunissant le Christ, la Vierge et saint Jean. L’œuvre est signé Louis Bourdelet. Elle était destinée aux consuls d’Albi. En bas de l’œuvre, on voit peinte la partie ouest de la ville avec la cathédrale au XVIIe siècle.


À gauche, le cartouche des armoiries d’Albi; à droite, quelques éléments caractéristiques de la ville. Certains ont disparu comme l’enceinte ou l’église Sainte Martiane.


On remarquera à l’occasion que le rempart version XVIIe est sans machicoulis, ni meurtrières. Pas de créneaux, ni de merlons.

Un cartouche présente les armoiries de la ville avec la crosse de l’archevêque.

En guise de conclusion

Le titulaire, le chevet en hémicycle, le plan à nef unique, un voûtement réservé au choeur, des fenêtres à embrasement simple, des linteaux monolythes à l’extérieur, l’arc outrepassé  du chevet font de cette église rurale peut être du tout début XIe (voir même avant pour une partie) un témoin unique d’un mélange d’influence entre le Rouergue roman et les formes méditerranéennes.

Puisse nos observations servir un jour de bases à des investigations plus poussées. Cette église le mérite. Un plan reste à dresser notamment pour les arcs et des travaux de réaménagement à mener. Une extrême attention doit être portée sur le cimetière qui peut révéler des sarcophages.


Remerciements à Francis Lacrampes pour sa disponibilité et sa confiance lors de nos visites.

Notes

(1) – Plus de registre paroissial. Reste à éplucher d’autres documents plus généraux sur Saint-Grégoire où des mentions peuvent apparaître. Il y « aurait » des archives à Montpellier. Une mention est faite du lieu au XVe siècle. Pour l’anecdote, une légende veut que du vin de Saint-Grégoire fut offert au Camp du Drap d’or quand François premier rencontra Henry VIII, roi d’Angleterre en 1520. C’était vers Calais.

(2) – Jusqu’à la Révolution au moins. 

(3 – Cette dalle peut tout aussi bien – de part sa taille –  être une pierre tombale.

(4) – Marc nous précise que dans cette lignée bien qu’un peu différent, il exista très tôt un art mozarabe caractéristique par la forme de ses voûtes.
Voici deux jalon de l’art mozarabe en France. Le plus au nord, celui de Saint-Julien de Brioude en Haute-Loire, que j’ai visité il y a une quarantaine d’années et toujours pareil, daté des XI-XIIe siècles.
Puis la chapelle de Saint-Michel de Sournia, en 66, du Xe siècle. Elle est en pleine nature et partiellement ruinée. Elle a été bien restaurée à ce que je vois sur les photos depuis ma visite il y a bien 40 ans aussi.

(5) – Le bois est vermoulu.

(6) –  Il n’est pas impossible qu’elle fut intégrée à un fort villageois dont Cédrice Trouche-Marty a dressé un inventaire mais son aspect fortifié semble bien antérieur encore. Peut être dés sa conception.

Bibliographie sommaire

Marcel Durliat, Haut Languedoc roman, Zodiaque, 1978
Victor Allègre, L’art roman dans la région albigeoise, Albi, 1943
Geneviève Durand, Les églises rurales du premier âge roman dans le Rouergue méridional, Archéologie du Midi médiéval, Vol. 7, 1989
Jean-Claude Fau, Rouergue roman, Zodiaque, 1990

Le tabernacle en bois orné et le plat à quêter avec des inscriptions ont disparus. 

 
 
 

La statue de Fraissines

La statue de Fraissines

Sortie à Fraissines le  samedi 30 avril 2016
Secteur : Ambialades, Autre
Commune : Fraissines
Météo : vraiment épouvantable (pluie, vent)
Participants : Régine, Charlette, Yann,Yvonne, Kevin, Franck, Christophe et Louis
Sites visités : Flamarenq, Fraissines (commune)

Voiture : Christophe et Franck

Ce jour-là nous nous déplacons pour une découverte fortuite. Récemment, sur le territoire de Fraissines a été mis au jour une statue dont il est difficile de connaître exactement les origines.

Premier croquis
Arrivée sous une pluie battante à la mairie à Fontvieille, Gilbert Assié (1) nous présente l’objet en question (2) et nous le photographions sous toutes les coutures. Sans grande réussite d’ailleurs.
Le volume du bloc 45X30 cm présente une face très plate indéniablement travaillée pour mettre en valeur ce qu’il est convenu d’appelé un visage avec le nez et le coin des sourcils très finement gravés dans le grès. Certaines traces peuvent laisser penser à l’existence d’un œil sur le côté. Cela reste à confirmer. Incontestablement, un cou est mis en forme.
La pièce a été découverte lors de travaux d’aménagement (fossé d’eaux pluviales) par Michel Leron, au bord de sa propriété à Flamarenq au nord de la commune. Nous nous y rendons. C’est donc le découvreur qui nous reçoit.

La statue prise par son découvreur, Michel Leron.

Imprégnation jaunâtre visible sur la face.

Sur les lieux de la découverte

La statue a été extraite du sol suite à des travaux. Elle était localisée juste au bord d’un chemin de versant qui descend  sur la rive droite du Tarn (3). Nous sommes à l’extrême rebord du plateau qui domine le Tarn, au sud, et le vallon du Bénès, à l’est. C’est un point remarquable où des croix ont été installées, désinstallées dans le temps (4). La statue se trouvait à l’exact endroit où le chemin incurve à l’ouest et amorce la descente.  


Elle était à peine à une dizaine de centimètres sous terre. Impossible pour Michel Lebon de se souvenir sa position exacte (couchée ? droite ? face contre terre ?) lors de la mise au jour.

Plan de situation montrant le chemin qui descend. Sources IGN
Il apparait clairement, suite au propos de nos hôtes, que le versant a été mis en culture au XIXe siècle, peut-être bien avant. Il reste, d’ailleurs, des traces de terrasses et de bassins. Le chemin, à large emprise, a nécessité de gros aménagements dans la pente. Il est entaillé. La voie est bordée par des murs de soutenement dans un état plus ou moins dégradé.
En l’absence de contexte archéologique, bien difficile de s’aventurer à donner une période de réalisation, ni même une fonction à ce bloc sculpté. L’enquête devra être plus poussée. 
D’autres découvertes nous sont présentées par le propriétaire. Découvertes trouvées sur les lieux dont un profil de hache poli, fort abîmé, où le matériau s’apparenterait à la métabasite.

Lame de pierre polie brisée mal identifiable. Métabasite?
Le propriétaire évoque aussi la découverte de scories sur le chemin. Ce qui est guère étonnant dans le contexte minier de la région. Ces scories ne garantissent nullement l’existence d’une mine à proximité directe. Elles sont utilisées, mélangés à d’autres matériaux, pour niveler ou remblayer les chemins. 
Visite de Fraissines
Gilbert Assié nous présente ensuite son village remarquable à maints égards par son architecture typique. Vues de l’extérieur, les bâtiments sont conditionnés par les ressources locales disponibles (dalles de schiste, quartz en bloc et grès pour la pierre de taille le plus souvent). Un souci religieux commande parfois, comme il est visible ci-dessous.

À deux reprises, haut de pignon avec croix latine en bloc de quarz incluse dans l’appareil. Au passage, souche de cheminée caractéristique du Rouergue.

.

Par la suite nous est présentée, l’église qui compte deux croixLa première, historiée et monumentale, remonte au XVIe siècle (5). Elle figure à l’inventaire depuis 1953. 

Les deux barres de maintien n’ajoutent rien à la grâce de la croix mais elle résistera au temps.

Remarquablement protégée par un auvent en bois, elle présente la Crucifixion
En figure centrale, le Christ en croix(6). À sa droite, sans attribut particulier, la Vierge revêtue d’un manteau à gros plis. À sa gauche, saint Jean, les mains jointes, costume similaire. Un motif de palmes, en bas relief, est sculpté au-dessous sur le fût. L‘autre face présente une Madone (Vierge à l’Enfant). En dessous, un ange et un personnage indéterminé. Un berger, peut-être. Le tout est sculpté dans un grès fin. 
Il n’y a pas le soubassement d’origine sous le fût. Pas de traces de couleur détectables à l’oeil nu.
La deuxième specimen, beaucoup plus sobre, toujours en grès, domine le cimetière de l’ancienne église. Il est plus archaïque. Il figure le Christ en croix ; une croix latine avec, aux extrémités, des branches en tau. On observe le visage poupin (7) de Jésus, tête relevée, corps bien droit, yeux ouverts. Elle a été déplacée récemment. Bien difficile de lui donner un contexte de réalisation. Peut-être XIV/XVe siècles pour une fourchette large. Le monument n’est pas inscrit.

Dans l’église Saint-Jacques de Fraissines

L’intérieur de l’actuel église a profité des dons d’un riche antiquaire du village, il y a maintenant une centaine d’années. Il s’appelait Justin Lecoules. Sa réussite exceptionnelle à Paris, ses ambitions politiques firent de cet enfant du pays un donateur et un bienfaiteur en terme de patrimoine. Deux toiles et une sculpture sont dignes d’un grand intérêt apprend-t-on.
Une représentation de la Vierge en rouge, type Adoration des bergers attribuée à des proches de Rubens, voir au maître néerlandais lui-même. Elle remonte à la première partie du XVIIe siècle.

Le rendu photographique est difficile dans les églises.

Une Descente de Croix, attribuée à des adeptes ou des élèves contemporains de Charles Lebrun.

Le tableau n’est pas sans imperfections au niveau des proportions mais il garde une certaine tenue.

Une représentation de la Vierge en rouge, type Adoration des bergers, attribuée à des proches de Rubens, voir au maître lui-même.
Ces deux toiles font l’objet d’expertises avant restauration nous explique Gilbert Assié
 
Une œuvre, plus récente, de Jean-Baptiste Carpaux, cette fois, une tête de Christ nous est montrée.
 
Une toile, du début du XVIe siècle, attribuée à des proches de Raphaël  a été volée dans l’église même, il y a quelques temps. Elle rappelait la Madone de Bridgewater peinte par le maître et actuellement au musée d’Edimbourg.

Nous remercions, bien sûr, chaleureusement Gilbert Assié pour sa gentillesse et ses commentaires. Michel Leron aussi. Sauf exception, les photos sont de Franck.

 

Notes
(1) – Maire de la commune
(2) – Il est actuellement dans la mairie à l’abri.
(3) – Le chemin communal qui mène de Flamarenc vers La Valette.
(4) – Il n’est d’ailleurs pas impossible que le statue ait pu constituer un socle sous une forme ou une autre à un moment donné de l’histoire. Une croix était là aux dires d‘Hubert Mas d’Albi et Christian Sol de Cadix. Elle aurait été déplacée en 1956/1957 (source: Michel Lebon)
(5) – Elle dite « croix du tombeau des curé ».  C‘est une croix de cimetière fort vraissemblablement.
(6) – Entre autres, le fait qu’il est la tête penchée est assez caractéristique de cette période(remarque de Marc Durand)
(7) – Qui n’est pas sans rappeler l‘ambiance romane dans la région. 

 

Des signes sans parole : les cupules *

Des signes sans parole : les cupules *

Compte rendu des sorties du CAPA avec Philippe Hameau
vendredi 20 et samedi 21 mars 2015

 Photo d’Emmanuel Bréteau d’une roche à cupules à Evolène (les Mayens de Cotter) dans le Valais suisse. Elle est extraite de l’ouvrage Roches de mémoire, 5000 ans d’art rupestre dans les Alpes, Errance, 2010


 Photo d’Emmanuel Bréteau d’une roche de 250 cupules à Mattie dans la vallée de la Suse en Italie. 
Même référence qu’au dessus. 

Photo Henri Prat. Dalle cupulée de “La Gaugne à Saint-Antonin-de-Lacalm dans le Tarn 
 

Secteur : Carmausin, Ambialades, Monts d’Alban et Villefranchois

Commune : Marsal, Saint-Antonin-de-Lacalm,Tréviens, Mirandol-Bourgnounac, Saint-Jean-de-Marcel, Ambialet

Météo : frisquet mais acceptable mais ciel bien gris pour observer des cupules


Participants 
Journée du vendredi

Jeannie, Yann, Jean-Simon, Charlette, Régine, Louis F, Claudette, Bernard D., Michel P. , Christophe et Philippe H.

Voiture : Christophe, Louis F. Jeannie

Journée du samedi

Bernard A, Charlette, Henri Prat, Louis F., Régine, Claudette, Bernard D., Michel P. , Christophe et Philippe H.

Voiture : Christophe, Louis F et Henri


Sites visités : Puech-Mergou (1 et 2), La Gaugne, Dolmen de Nougayrol, Roque Brune, Font Frèche, Belle Rive et La Grèze


Voitures : Christophe, Louis F, Michel, Jeannie, Henri


Philippe Hameau

La venue deux jours durant de Philippe Hameau du laboratoire d’Anthropologie « Mémoire, Identité et Cognition » de l’université de Nice mais aussi président de l’ASER (Association de Sauvegarde, d’Étude et de Recherche sur le patrimoine du Centre Var) nous a ouvert de nouvelles perspectives en matière d’observation des cupules. Si il s’agissait de mieux comprendre ce qu’elles sont, le pari est tenu. Même si toutes ne sont pas préhistoriques, les cupules ne sont jamais le phénomène anodin d’un berger qui « gratte » parce qu’il s’ennuie, histoire de faire son trou… (1).


Philippe Hameau ne prétend pas détenir la vérité mais tente d’ouvrir prudemment des pistes de réflexion qui sont et seront bien évidemment objet de contestation. Et c’est tant mieux. En tout cas, son érudition, pas seulement préhistorique, mais aussi anthropologique est immense. Elle dépasse l’échelle de notre pays et le domaine de ce qu’il dénomme « l’art schématique ». Elle est d’autant plus remarquable qu’il la partage volontiers. Il l’entretient par une curiosité insatiable. Sa venue à quelques 400 km de ses montagnes provençales n’en est-elle pas la preuve? Je résume ici les propos qu’il a tenus à l’occasion d’échanges informels. Je m’appuie aussi sur l’abondante documentation qu’il m’a livrée suite à sa venue (2). Brièveté oblige, j’espère ne pas trop déformer ses hypothèses scientifiques, ne pas trop exagérer ses convictions. Car il en a. Je terminerai par des pistes de réflexion.

 Philippe Hameau dans le Tarn samedi 21 avril 2015


Une histoire de signes

Des signes, les hommes en font depuis la Préhistoire. Les peintures et gravures rupestres appartiennent à ce registre. Elles précèdent l’écriture (3). Plus ou moins abstraites, elles composent des systèmes de communication dont nous n’avons plus la clé.


Nous l’oublions trop souvent. L’art animalier très réaliste du Paléolithique est souvent combiné à des signes abstraits. Focalisé par la beauté des formes animales, on en oublie les points en ligne, les traits, les cercles qui les accompagnent presque toujours remarquait Philippe Hameau. Il y a comme une sorte de « ponctuation » entre ou sur les peintures ou les gravures d’animaux.


Sans ambiguïté, à partir du Néolithique (4), les expressions graphiques gagnent en abstraction. Les figures animales autrefois hyperréalistes deviennent très schématiques.


Pour faire simple, aux yeux d’une partie des chercheurs dont Philippe Hameau, on relève cinq grandes catégories de signes sur lesquels jouent les spécialistes du Néolithique. L’idole (5), le quadrupède, le signe circulaire du soleil, le personnage masculin souvent en forme de croix et, enfin, la ligne brisée. Autant dire l’éventail des figures est restreint. Formes vivantes ou géométriques, les signes s’associent dans des compositions sur la roche. Parfois, les signes sont isolés. Ensemble, ils portent un sens que partageaient les auteurs et les observateurs à l’époque préhistorique, une sorte de code visuel. Et ce n’est pas une mince affaire de le décrypter !
Les cinq figures caractéristiques du Néolithique final : idole, soléiforme, quadrupède, le personnage masculin et la ligne brisée
 

Sur la roche, la cupule fait partie de ces signes comme les points (6) peints dans les grottes tout au long de la Préhistoire. On peut la classer dans les «soleils». N’est-ce pas un point sans rayon, après tout ?


Particularité des cupules, ce sont souvent les seuls signes exprimés dans un périmètre.


La cupule est souvent creusée par percussion. Elle est hémisphérique mais on relève maintes fois une légère asymétrie à l’ouverture.


Deux sites permettent une réflexion approfondie sur le sujet. Celui de “Maraval” à Collobrières dans le massif des Maures (Var) et celui du “Signal de la Lichère” à Branoux dans le Gard. Ils sont emblématiques des interrogations sur les cupules mais il y en a d’autres bien sûr.

Les dallettes de “Maraval”


En altitude, le site de “Maraval” exposé au sud consiste en une suite de blocs schisteux en chaos sur un versant. Plutôt sur le haut. La position des gros blocs cupulés a pu être  légèrement modifiée depuis la Préhistoire soit de façon naturelle soit par les hommes. La question n’est pas tranchée.

On a découvert ces cupules suite au débroussaillage d’une société de chasse. Il y a de quoi étonner. Philippe Hameau décrit avec minutie un rocher à 35 cupules (ci-dessous), un autre, très proche, à 10 et deux autres inférieurs à 3. Étant donnée la nature plutôt fragile de la roche, les cupules devaient être plus nombreuses. Le temps faisant son œuvre, les mieux creusées sont restées, d’autres ont du progressivement s’émousser voire même s’effacer suite à des desquamations (7).

Relevé du grand bloc cupulé de Maraval(Collobrières)




Les cupules sont en position dominante dans le paysage. Leur taille et profondeur varient. Un fin sillon relie quelques-unes d’entre elles en haltère. À l’évidence, les plus grosses cupules sont sur des replats. Elles présentent ainsi un accès et un stationnement plus faciles.


Très intéressant, on note la présence d’une cinquantaine de « dallettes » au sol. De minces pierres de petites tailles (15 cm) portant parfois des perforations centrales ou des échancrures sur les bords comme il est visible ci-dessous. On n’a pas trouvé leur lieu d’extraction (8), ni une explication quelconque à leur présence.

Le site n’a pas été sondé. Il est possible que d’autres dallettes soient sous le sol à présent. Ces dallettes ont-elles un lien avec les cupules ?



Dallettes de « Maraval«  à proximité des cupules

Enfin, le site de « Maraval » domine une mine de cuivre. Dans le Massif des Maures, on note la présence d’exploitations depuis l’époque romaine, peut être même avant.

Sur la même commune de Collobrières, décidément riche en gravures, avait déjà été découverte une pierre gneissique portant 80 cupules.

Dans un col, au tournant d’un chemin, on remarqua sur cette pierre la présence de canaux creusés. Notamment un, occupé par un filon de quartz. De la matière minérale a été prélevée (9).

Par ailleurs, un travail au burin, des aménagements de nature anthropique sont visibles à différents points de la roche. Ils sont discrets mais indiscutables.



“La Lichère”, un véritable sanctuaire en lien avec les cupules


Nous sommes cette fois dans les Cévennes. Les rochers schisteux ornés occupent les rebords d’une crête qui domine la vallée du Gardons à presque 900 m d’altitude. Les zones dénudées offrent à la vue plus de cent cinquante cupules mais aussi des arceaux de taille différente. L’association cupule/arceau comme à “Puech Mergou” n’est donc pas exceptionnelle (10). Nous en reparlerons.


Les signes sont disséminés sur les rochers alentours non sans une certaine organisation, disons « une fréquence » en rapport avec le sommet. Plus on se rapproche, plus ils sont nombreux et ostentatoires. Je cite Philippe Hameau :« L’exubérance de la décoration s’accroit avec le sommet » avant de diminuer à proximité immédiate de celui-ci. Quelque part, il y a une régle.


Par ailleurs, la présence des arceaux est plus fréquente au sommet que sur le versant. Bref, l’iconographie évolue en intensité et en nature selon son emplacement dans la pente.
Présence des cupules et des arceaux dans un secteur de la Lichère

À plusieurs reprises, les cupules s’associent, s’imbriquent aux arceaux et ce de différentes façons (11). Parfois, ensemble, ils se juxtaposent, parfois, ils fusionnent. Toute une palette de formes est possible dont Philippe Hameau dresse soigneusement l’inventaire. Il arrive que les signes soient ébauchés ou « contractés » sans être achevés. C’est toute une grammaire qui s’offre au regard.


Car il y a bien sûr un sens à donner à ses gravures. Quel est-t-il ? Connaître la chronologie fine des moments d’exécution pourrait nous aider. Autrement dit, qui de l’arceau ou de la cupule était avant ? Vous comprenez que ce n’est pas demain la veille que nous trouverons la réponse. Le point( cupule) placé après ou entre les branches est-il un signe qui distingue l’idole par une expérience, une qualité particulière à un moment donné ?


Par ailleurs, il est intéressant de voir qu’il y a parfois une échancrure de l’arête du support rocheux comme si une cupule trop proche avait fait craquer la roche. On pourrait croire à un accident mais le cas se répète.

Autre détail, et pas des moindres : le site en question est riche en dolmens (11). La convergence entre structures sépulcrales et cupules est ici remarquable.


Eau et cupules


Pour résumer. Les sites à gravures sont plutôt accessibles. La station idéale, c’est un point dominant plus que culminant, un lieu que l’on puisse voir et d’où l’on peut voir. C’est la moins mauvaise formule que j’ai trouvée. Sur les lieux, le poste choisi prête à contemplation le plus souvent. Il est très rarement exposé plein nord mais laisse place à une large palette de possibilités.


Les blocs délibérément choisis sont souvent solidaires du substrat rocheux, rarement erratique comme à “La Gaugne”. Les cupules sont encore sur les dalles de couverture des dolmens (12), type Nougayrol ou Crespin si mes souvenirs sont bons.


Ce sont les faces supérieures des rochers qui ont la prédilection des néolithiques qu’elles soient à l’horizontal ou à l’oblique. Presque jamais à la verticale. Etant donnée la configuration de l’espace, difficile de ne pas penser à un ou des « autels » pour utiliser un vocabulaire religieux. C’est d’ailleurs une qualification recevable pour Philippe Hameau.


Les fouilles et sondages autour des lieux à cupules sont pour ainsi dire inexistants. Ils sont difficiles, il est vrai. Sur les hauteurs, la roche affleurent, les sols sont maigres. Pour l’instant, il ne semble pas que les aires à cupules aient été des zones d’habitats pérennes. En revanche, la présence de dolmens aux abords n’a rien de vraiment exceptionnel. Riche de son expérience dans le Sud de la France et l’Espagne, Philippe Hameau parle de sanctuaire où des rites de passage auraient été effectués. Il établit même toute une grammaire à partir des fréquences, des symétries, des contractions de signes. Il développe la théorie de la «double idole». La peinture comme la gravure vient à l’appui de ses thèses (13). 

Autre observation et pas des moindres. Pour Philippe Hameau, les lieux à gravures ou peintures néolithiques sont conditionnés par l’élément liquide. Non que les lieux soient forcément à proximité directe de torrents, de rivières, de sources mais leur disposition invite à réfléchir plutôt sur l’accueil de l’eau du ciel ou des eaux souterraines( 14). Les aires à cupules présentent souvent des dispositifs complexes pour accompagner les ruissellements. Des mises en scène, des mises en réseau s’étalent sous nos yeux dont nous éprouvons le plus grand mal à comprendre les logiques. Les cupules selon leur diamètre servent de réceptacles, de bassins, de déversoirs. Toute une typologie de formes a été mise en place.


Perspectives tarnaises, à présent


– En dépit des impressions, les cupules sont fragiles. Ils faut en prendre soin, notamment lors des « nettoyages ». Ce sont des archives à ciel ouvert qu’il faut s’empresser de protéger.

– Il n’est guère de sens qu’on puisse donner à une ou deux cupules isolées.Tout bien considéré le corpus tarnais est riche en sites mais ceux-ci ne présentent pas de grande concentration de signes à graver. Tout au moins au point de se lancer dans une étude approfondie dans l’immédiat. 

Déboiser, démousser quand il est possible permettrait d’étoffer peut être un corpus pour un site précis. Mais tous ne se prêtent pas à ce genre d’entreprise facilement. Loin s’en faut, vous le savez.

– Bien prendre conscience que plusieurs générations de graveurs du Néolithique à nos jours élabore un palimpseste aux allures bien complexes. À force d’expérience et d’observation, il est parfois possible de cerner les signes les plus anciens. Ils sont au dessous des plus récents. Ils répondent à des logiques bien particulières nous l’avons vu.

– L’observation des cupules en réseau à la lueur du travail de Philippe Hameau permettrait peut être de confirmer ou d’infirmer la « théorie des jeux d’eau ». Entre autres, les cupules peuvent-elle jouer le rôle de réceptacles à un élément liquide ? Il n’y a qu’à essayer… Avant même, mieux observer les associations de signes et donner les plus fréquents.

– Un regard sur les liens entre les cupules et les statues menhirs soit qu’elles soient carrément sur la statue soit qu’elles soient à proximité est nécessaire. Michel Maillé, lui même le reconnaît dans son ouvrage de référence de 2010 : Hommes et femmes de pierre du Rouergue et du Haut Languedoc.

L’exercice peut se faire même de façon livresque.

– Quant aux liens entre les cupules et les gîtes de matières premières (silex, argile, quartz, cuivre) dans notre région minière, ils sont non seulement possibles mais aussi envisageables à étudier et déjà fertiles.

– Enfin, mieux regarder les abris et parois rocheuses dans notre territoire d’investigation afin de déceler d’éventuelles peintures néolithiques. Même si elles sont plus nombreuses à l’est du Rhône, ma visite toute récente de sites espagnols dans la sierra de Guara m’encourage à penser qu’il n’ y pas de raison de désespérer… J’en parlerai avec Bernard Valette qui actuellement répertorie les abris sous roche fortifiés dans le Tarn dans une optique plus médiévale, il est vrai.


Dans un toute autre domaine, partout, les graffitis sont à observer. Ils témoignent d’une action des hommes qui répond à des logiques intéressantes. 

Notes

 * Pour reprendre la belle formule de Jean Abélanet


(1) À ce propos, Gillaume Lebaudy dresse un bilan intéressant de ce que font ou ne font pas les bergers quand ils sont seuls lors de l’hivernage du XVIIIe siècle à nos jours en plaine de La Crau.

(2) Entre autres travaux dont Philippe Hameau a été l’auteur ou l’instigateur.  À part exception, j’emprunte les documents pour illustrer mes propos à ces articles. 

Les pierres à cupules de Maraval (Collobrières-Var), Cahier de l’ASER, n°18, 2013

Les pierres à cupules du col des vanneaux (Collobrières-Var),Revue du Centre Archéologique du Var, 2012

Les gravures rupestres du Signal de La Lichère (Branoux-les-Taillades, Gard), Archivo de Préhistoria Levantina, Vol XXIII, Valence, 1999

Peinture et gravures pariétale dans la combe de Chenevoye (Engins, Isère), Association Patrimoine de l’Isère, culture, histoire, ?

Le rapport à l’eau de l’art post-paléolithique. L’exemple des gravures et des peintures néolithiques du sud de la France, Zephyrus, 2004

(3) Bien difficile de distinguer l’écriture à proprement parler du signe. L’écriture délivre à partir de signes un message linéaire qui répond à un ordre de haut en bas, de droite à gauche ou le contraire. L’écriture produit une parole. Le signe jamais. Il arrive à Philippe Hameau de parler aussi d’« art schématique ».

(4) On ignore encore la chronologie précise. On parle d’art « post-glacière ». Les cupules seraient l’oeuvre des communautés agro-pastorale du Néolithique en lien avec les dolmens. Par ailleurs, Philippe Hameau observe que l’on recule peu à peu l’âge d’élaboration des pétroglyphes de la Vallée des merveilles dans le parc du Mercantour, avant situées à l’Âge du Bronze.
(5) L’idole est schématisé ainsi : .Il a un sens, un bas ouvert et un haut. La forme peut être applatie sur le haut ou plus échancrée sur le bas avec un écartement des branches. Ainsi Philippe Hameau me faisait remarquer que nous observions les arceaux « à l’envers » à « Puech Mergou ». L’arceau peut être droit, couché ou inversé.

On évitera de parler de « fer à cheval » pour ne pas réveiller les légendes. À en croire celles-ci des chevaux, des saints voleraient de vallée en vallée.

Plus sérieusement, notez évidemment la convergence des formes avec nos statues menhirs.

Au niveau technique, l’arceau est le résultat d’une juxtaposition de cupules que le préhistorique égalise par un frottement. L’arceau est donc souvent punctiforme. Enfin, il est un excellent marqueur chronologique pour une datation du IV au IIIe millénaire, soit le Néolithique final.

(6) Force est de reconnaître, le point est en quelque sorte la version picturale de la cupule. Il est à noter s’il est besoin que la céramique néolithique adopte très vite des motifs géométriques. Parmi eux, les points.

(7) Sans compter que tout n’a pas été débroussaillé.

(8) On dit aussi « palettes ». On les trouve quelquefois à proximité des dolmens ou dans les grottes. Leur utilité pose question tout comme ces disques de roches fine autour des dolmens.

(9) Pour servir d’outil à creuser les cupules…

(10) Les cupules sont associées le plus souvent avec des croix (homme) ou des arceaux.Très rarement avec d’autres signes.

(11) Fouillés il y a bien des années presque tous. Il est mal commode d’en tirer quelque chose à ce jour. La proximité de dolmens ou de menhirs « non grattés » aux abords des aires de cupules est une chance à ne pas rater dans les années qui viennent pour l’archéologie. C’est une évidence.

(12) Rarement sur les orthostates.

(13) J’invite le lecteur à consulter les références bibliographiques. Mon objet n’est pas de développer cette partie complexe mais passionnante.

(14) Même remarque pour les gravures rupestres néolithiques en lien avec l’humidité et les suintements.

La contribution de Henri et Louis du CAPA au phénomène des cupules est disponible pour la modique somme de 8 euros. N’hésitez pas à nous contacter.

création blog capa

Dix ans bientôt.
Issu d’une scission de l’ASCA de Jean Lautier, le CAPA rassemble une vingtaine de passionnés, d’amateurs curieux d’archéologie aux connaisseurs expérimentés. Depuis bientôt dix ans (2005), il fait connaître le patrimoine matériel archéologique et historique de l’Albigeois auprès d’un large public.
Ses domaines d’investigation sont larges. Qu’il s’agisse de visiter des sites bien connus à des fins d’inventaire ou d’en découvrir de nouveaux, le CAPA tente de faire le lien entre les archéologues professionnels, les autorités responsables et, bien sûr, les citoyens.
À ce titre, il s’intègre dans un réseau d’associations couvrant tout le Tarn.
Ce réseau est piloté par le Comité départemental archéologique du Tarn.
I
Des choix thématiques ou géographiques ouvrent sur des publications ou des actions de mises en valeur de sites durant les Journées européennes du Patrimoine.
Tour à tour, Ambialet, Lombers, « La Roque » (Saint-Antonin-de-Lacalm) ont fait l’objet de recherches, de sondages et de présentations publiques.
Les castelas, les cupules, les mégalithes, les souterrains ont focalisé l’intérêt plusieurs années durant.
Chaque objectif fait l’objet de sorties sur le terrain à la rencontre du site et des propriétaires.
Les sondages archéologiques ne sont pas exclus mais ils restent exceptionnels. Ils sont à présent réservés à des professionnels et des chercheurs très expérimentés.
Par ailleurs, il s’inquiète du destin des collections privées et des témoignages anciens en matière patrimoniale surtout quand les traces écrites font défaut.
Il guide et renseigne éventuellement les chercheurs sur les territoires.
Il met à la disposition de ses membres une bibliothèque et des archives.
Il se préoccupe du devenir des sites menacés dans le cas de suivi de travaux.
Le CAPA s’adresse aussi aux jeunes publics à travers des animations gratuites dans les écoles ou lors de manifestations.
N’hésitez pas à venir nous rejoindre.