Le patrimoine campanaire de l’église Notre Dame de l’Assomption de Boussac

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Jeudi 28 mai 2026 : Le patrimoine campanaire de l’église Notre Dame de l’Assomption de Boussac

Textes : Pierre Mascaras
Photos : Rosy Mascaras, Franck Tayac, Paul Viaules

Troisième volet de la série : Inières, Boussac, Sainte-Radegonde, des églises-forteresses impressionnantes

NOUVEAUTÉ : certaines images intègrent la fonctionnalité de « hotspots » (points chauds) qui vous donneront une information détaillée sur un élément de l’image lorsque vous placerez le pointeur de souris dessus.


Grâce à l’amabilité de notre guide, monsieur Rigal, ancien maire de Boussac, nous avons eu l’autorisation de monter au clocher de l’église.

L’escalier annulaire de 81 marches en calcaire est logé à l’intérieur d’une tour carrée. Cette tour est située sur le flanc sud de la nef, accolée à une chapelle dédiée à Saint Roch.

Il conduit aux différents espaces aménagés au-dessus de la nef, au chemin de ronde et permet d’accéder à la salle des cloches, point culminant de l’édifice.

Église Notre Dame de l’Assomption de Boussac

Tour carrée dans laquelle se trouve l’escalier annulaire

Le clocher-tour, faisant office de donjon, est agrémenté de 24 baies en plein cintre dont les abat-sons en bois sont percés en partie haute d’un trilobe.

La salle des cloches abrite un beffroi dont la charpente en chêne supporte quatre cloches de taille différente aux timbres harmonieux.

En campanologie, le « plenum » est une technique de sonnerie qui utilise toutes les cloches d’un édifice religieux réservée aux grandes fêtes religieuses (Pâques, l’Ascension, Noël, l’Assomption…)

La cloche, dont on aperçoit la boule de frappe et la chasse du battant, est fixée au joug par quatre brides métalliques. Ces ferrures de fixation accrochent la cloche par les anses de sa couronne.

Quatre pièces métalliques disposées sur l’axe de basculement du joug ceinturent le bois pour renforcer sa structure. Ces pièces de renfort évitent que le bois ne se fende ou n’éclate sous le poids de la cloche lorsque celle-ci est mise en branle par un levier de sonnerie ou bras de traction aujourd’hui disparu. A chaque extrémité de l’axe de basculement du joug, deux frettes circulaires en fer consolident l’ancrage de deux tourillons reposant chacun sur un palier équipé d’un roulement à billes.

Une pièce en métal en forme de U cloutée sur l’axe de basculement calait autrefois le levier de sonnerie. Aujourd’hui, le levier de sonnerie a été supprimé. La cloche est équipée de deux systèmes de sonnerie électrifiés commandés par une horloge installée dans la sacristie.

Un marteau de tintement alimenté par un moteur électrique percute l’anneau de frappe à l’extérieur de la cloche. Une roue de sonnerie électrifiée dont le bras est fixé sur l’axe de basculement est reliée par une chaine à un moteur de volée et permet de faire sonner la cloche en volée balancée.

Le joug ou mouton est une pièce en bois de chêne massive dont les proportions sont déterminées par le poids de la cloche. Il est composé de deux parties distinctes assemblées l’une à l’autre et renforcées par des brides de fixation : l’axe de basculement qui permet le balancement de la cloche et le contrepoids sculpté en forme de pyramide à degré inversé orné de denticules.

Le beffroi est une charpente en chêne qui repose à l’intérieur de la chambre du clocher et qui supporte les cloches. Le chêne est une essence d’une forte densité qui lorsqu’il est posé à flanc est très résistant à la flexion.

Le poids d’un beffroi et du plancher sur lequel il repose doit être 4 fois supérieur au poids d’une cloche pour amortir la résonnance. L’entrevoie est l’espace situé entre deux paliers dans lequel oscille la cloche. Au cours d’une volée tournante, la poussée dynamique d’une cloche multiplie son poids par 2 ou 2,5.

Le principe et la fonction première d’un beffroi est de n’avoir aucun lien avec la maçonnerie du clocher, car le ballant de la cloche par les vibrations lézarderait le bâti du clocher. La forme trapézoïdale du beffroi renforcée par des croix de Saint André et des équerres dans les angles pour éviter le vrillage, favorise et assure une bonne stabilité de l’ensemble. Les assemblages à tenons et mortaises avec embrèvement et chevilles en bois d’acacia montées à la tire donnent de la souplesse à la structure et permettent d’amortir les efforts dynamiques de la cloche au cours d’un lancer franc.

L’épigraphie campanaire de la cloche de l’église fortifiée Notre Dame de L’Assomption de Boussac

L’épigraphie campanaire est l’étude des inscriptions anciennes gravées sur les cloches qui nous livrent de précieux renseignements.

Le texte que l’on appelle la dédicace, est ici localisé sur la calotte ou onde de la cloche. Elle est ornée de quatre bandeaux bordés chacun par deux baguettes moulurées.

Sur le premier bandeau en lettres capitales est gravée l’inscription en latin : « Assumpta est Maria in Caelum » (l’Assomption de Marie au ciel).

Sur le deuxième bandeau figure le nom du curé de la paroisse à l’époque où la cloche a été coulée, Justin Malgouyre.

Sur le troisième et le quatrième bandeau sont inscrits le nom des parrains (les donateurs).
1852 est la date du baptême de la cloche, rituel solennel règlementé depuis la fin du X° siècle par le pape Jean XIII. C’est aussi la date à laquelle elle a été coulée.

Au-dessous des quatre Évangélistes apparait le nom du fondeur sous une baguette moulurée. Cette cloche a été coulée à Villefranche de Rouergue au milieu du 19° siècle par le fondeur aveyronnais Pourcel qui a eu une production importante.

Symbole du message chrétien, l’iconographie est vouée ici à la dévotion au culte marial. Il reprend sur la robe de la cloche, en son centre, le thème du retable du maître autel du 16° siècle, l’Assomption de la Vierge.

Le retable comprend deux registres principaux : l’Assomption de la Vierge portée par les anges et son Couronnement.

La cloche est le symbole spirituel du pouvoir de l’Eglise. Elle est un intercesseur privilégié entre Dieu et les hommes. La cloche est la voix de Dieu sur terre par sa fonction de messagère.

Sur la jupe de la cloche, la Vierge couronnée portant l’enfant Jésus est élevée dans le ciel par trois anges (chérubins).

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