Le Moulin de Mousquette

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Sortie CAPA du 7 septembre 2026
Le moulin de Mousquette commune de Dénat

Article et photos de Laurent Maignial


La visite s’est déroulée avec Monsieur Jean-Luc Manen propriétaire du moulin que nous remercions de nous avoir aimablement reçus et guidés.

Ce moulin à eau est alimenté par l’Assou, petit affluent du Dadou qui prend sa source dans les monts d’Alban. Ce ruisseau était autrefois jalonné de nombreux moulins (23 avant le XVème), dont trois encore remarquables et en état de marche, moulin de Lombers, moulin des Plegats et moulin de Mousquette.

Nous avons pu voir que ce dernier est encore équipé de trois mécanismes complets pour moudre les céréales. Les roues hydrauliques sont des roues occitanes, rouets ou rodets ou cuillères disposées dans la salle hydraulique à plat à l’horizontale et traversées par un axe vertical qui transmet le mouvement rotatif aux meules tournantes ou volantes placées au sec à l’étage supérieur. Deux roues sont en fer à pales cerclées (rouets), une roue est en chêne (cuillère) reproduite à l’identique d’une roue originale récupérée au moulin d’Aymar sur le ruisseau de Vers-Vère commune du Verdier 81140.

L’axe moteur vertical se prolonge à la base par un pivot pointu en fer qui repose sur la crapaudine, pièce anti-friction en bronze. L’ensemble du mécanisme tournant pèse environ trois tonnes dont plus de la moitié pour la meule en silex très dense. L’arbre moteur traverse la meule dormante ou gisante, immobile, située sous la meule tournante. Les meules sont carénées dans une archure ronde en bois pour canaliser la farine et assurer la sécurité en marche.

La vitesse de rotation de la roue à cuillère est de 60 tours par minute. L’alimentation en grain s’obtient à partir de la trémie en bois, entonnoir rectangulaire qui surmonte l’ensemble du mécanisme, au moyen d’un auget en bois articulé à inclinaison réglable terminé par une tête d’âne, mis en vibration par une petite cage cylindrique à barreaux verticaux terminant l’arbre moteur. L’inclinaison se règle par une cordelette plus ou moins tendue par une molette en roue dentée ou en croix. L’ensemble produit le tac tac caractéristique des moulins, c’est le babillard.

D’après Claude Rivals ce mécanisme à roues horizontales était autrefois commun à la plupart des moulins situés dans la zone linguistique de l’Occitan beaucoup plus vaste que la région administrative actuelle appelée Occitanie.

Ces roues sont mises en rotation par un jet d’eau puissant à action latérale, produit par la trompe ou canon, buse en bois de section rectangulaire, lorsqu’on ouvre la pelle d’alimentation en eau sous la pression du réservoir d’eau en amont du moulin. La chute nette de quatre mètres entre les eaux libres à l’amont et à l’aval du moulin, permet de produire la puissance hydraulique nécessaire sous un débit de 250 litres par seconde.

Au démarrage la meule tournante solidaire de l’arbre moteur par l’anille en forme de nœud papillon qui la supporte, est soulevée par le système de la trempure et ainsi séparée de la meule dormante afin de faciliter la mise en rotation. La meule tournante est ensuite rabaissée lorsque la vitesse de rotation est atteinte pour moudre, la périphérie des meules est alors en friction, c’est le grain moulu qui joue le rôle de lubrifiant.

Les meules qui travaillent quotidiennement doivent être régulièrement piquées sur toute la surface moulante pour maintenir leur rugosité. Pendant la mouture le meunier surveille le fonctionnement ce qui exclut en principe, l’emploi simultané de plusieurs mécanismes par un seul opérateur. Ils peuvent en revanche être utilisés successivement dans une même journée de travail selon les besoins. Les meules du moulin sont en silex, la roche la plus dure utilisée en meunerie pour la farine à usage de l’alimentation humaine et viennent de la grande fabrique historique désaffectée de La Ferté sous Jouarre en région Parisienne.

Vidéo de roue à cuillères en bois en rotation

Bien d’autres informations sur ce moulin sont disponibles dans les photos réalisées sur place et annexées au présent compte-rendu : affichages du moulin dont les meuniers, la chronologie historique, le mécanisme, les ouvrages hydrauliques, la langue occitane etc ; photographies des installations, vidéo de la roue à cuillères en action.

Ce moulin est un des rares et derniers représentants en état de marche de cette première révolution industrielle datant du Moyen-âge du XIème au XIIIème siècle. A ce titre il serait juste qu’il soit répertorié et d’autres avec, au patrimoine mondial de l’Unesco au titre de l’ensemble technologique matériel et du savoir-faire immatériel du meunier.

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