Parlons d’une agréable petite balade au nord de Penne pour les membres du CAPA en guise de retrouvailles après un séjour confiné. Nous étions dix: pas un de plus, pas un de moins.

Le paysage tel qu’il était il y a plus de cent ans, en 1910. Source: coll. Alet Ed. Daynes Montauban

Vue d’un belvédère naturel

Le Causse de Magrou offre un spectacle saisissant pour qui veut voir Penne et son château dans sa partie occidentale. À propos du paysage, la comparaison est édifiante entre celui de 1910 et celui d’aujourd’hui quant à la déprise rurale. Le Causse d’Anglar était il y a un siècle couverts de vignes et d’un réseau de chemins. Il en va tout autrement aujourd’hui.

À propos du village, même constat. Des jardins des bords du cap de Biou, ne restent que des rampes d’escalier, le lavoir et un pont que l’on ne voit pas sur la carte postale.


Même cliché du belvédère au printemps 2020. Source: CAPA

Identité du causse

Ce causse est composé au sud d’une pelouse sèche qui réserve des orchidées en cette saison propice. Il est aujourd’hui classé ZNIEFF où zone naturelle d’intérêt écologique faunistique et floristique.

Au nord, c’est plus boisé. Les calcaires Bajociens qui dominent Penne  réservent en leur partie basse peu d’abris-sous-roche. Exposés plein nord, ils ne semblent pas propices à l’habitat. À peine avons nous remarqué un petit abri avec un mur en pierres sèches.

Une petite cavité de l’ordre du mètre de diamètre en pleine falaise en dessous du chemin mériterait peut-être une visite.

Sont visibles aussi des garennes aménagées récemment et des reliques de murs d’enclos pastoraux perpendiculaires à l’aplomb rocheux avec un passage ancien aménagé au niveau du chemin.

Menhir ou pas menhir, là est la question

La deuxième partie de la visite nous a conduit au « menhir » dit de Saint-Paul-de-Mamiac dans la portion sud du causse au niveau de la maison de Magrou. Ici, le curé de Penne repéra un menhir que popularisa Gilbert Duchêne. C’était dans les années cinquante. Le mégalithe eut l’honneur d’une mention dans un ouvrage de synthèse de Jean Clottes, certainement à l’initiative de Jean Lautier.

Peu connu, le menhir de Saint-Paul-de-Mamiac. Mensurations: 2,60 X 1,95 X 0,60 orienté nord sud. Le haut est usée par les intempéries.

Difficile de certifier l’existence d’un menhir. En calcaire, aucune trace de taille n’est identifiable. Celui-ci se présente sous la forme d’une grande dalle. La tranche donne sur un très ancien chemin. La dalle ainsi dressée a-t-elle fait l’objet d’un déplacement, d’une élévation ou d’un positionnement ? Ce n’est pas impossible. Le bloc résulte d’une arête rocheuse, orientée nord ouest / sud est en bord de chemin. Le menhir repose tout entier sur une autre dalle horizontale visible au sol. Est-ce un bloc de calage ?

 

Vous avez dit « menhir » …

Un menhir est une pierre dressée par les hommes. Il peut être seul. Ils peuvent être plusieurs alignés dans un même axe ou former un cercle. Ces monuments remontent à la période du Néolithique du Ve au IIe millénaires. Il arrive que ces pierres soit sculptées de façon fruste ou beaucoup plus subtile dans le cas des statues-menhirs dont nous avons déjà parlé.

Si sa fonction initiale est discutée, presque partout, le menhir impose sa présence dans des mythes. Il inspire des légendes. Bien sûr, les hommes lui prêtent des pouvoirs.