Vaour : des sites insolites et méconnus

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Texte : Bernard Alet
Photos : Rosy Mascaras, Dominique Ferrière, Martial Frammery

Vaour : des sites insolites et méconnus

Sortie du CAPA du 19 mars 2026

16 joyeux adhérents se sont retrouvés sur la place principale de Vaour par un temps ensoleillé. Cette sortie avait pour but de prospecter notamment le site originel probable du vieux Vaour au lieu-dit « Saint-Pierre », ainsi que des habitats antiques prouvant l’ancienneté de ces lieux. Auparavant, nous avons visité le lieu-dit de « Flouronne » avec ses 3 moulins à vent, dont l’un est habité.

Les moulins à vent de Flouronne

Ils sont situés sur la route d’Alic à environ 800 m du bourg de Vaour.

Le plus spectaculaire est celui qui vient d’être remarquablement restauré au bord de la route. Il ne lui manque plus que la toiture conique. On peut observer à proximité les éléments d’une meule en silex. Daté de 1837 sur le linteau, c’était un moulin à vent imposant (voir cartes postales anciennes de 1910). En 1900, il appartenait à un certain « Fanfare ». Ce moulin fonctionna jusqu’à la 1e Guerre Mondiale. Le bruit de ses ailes s’entendait depuis le village de Vaour à 800 m de distance.

A environ 50 m en arrière de ce moulin, fut découvert l’an dernier les fondations d’un deuxième moulin à vent après le défrichement de la parcelle. Ce moulin serait beaucoup plus vieux et daterait du XVe ou XVIe siècle au temps des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem faisant suite aux Templiers de Vaour.

Saint-Pierre de Vaour

Le site d’origine probable du vieux Vaour serait au lieu-dit « Saint-Pierre » à environ 2 kms du bourg actuel de Vaour. Il s’agissait de rechercher les traces d’un très vieux village aujourd’hui entièrement disparu. Une croix en fer encore en place (voir photo) indiquerait l’emplacement d’une ancienne église vouée à Saint-Pierre et peut-être d’un très vieux cimetière (?) de forme triangulaire entouré par de hauts murs. Un mariage y aurait été célébré en 1513 entre Jérôme (?) Fontanier et Marguerite Delfraysse. Partout autour, on observe de nombreux amas de pierres ou de moellons, qui pourraient être les témoins d’anciennes constructions (habitations, granges…).

Pendant les guerres de religion, l’église Saint-Pierre aurait été détruite par un incendie à la fin du XVIe siècle (vers 1574 ?) par les protestants. Dès lors, l’église fut transférée dans l’enceinte de la commanderie des Templiers de Vaour où elle prit le vocable de Notre-Dame. Il existait déjà une chapelle des Templiers qui fut agrandie pour l’occasion.

Un habitat gallo-romain

Tout près de Saint-Pierre, à la Verrerie Basse, on a pu observer quelques vestiges gallo-romains récemment découverts, dont une « tegula » (ou tuile à rebord) et surtout un beau fragment de « dolium », grand récipient en terre cuite (sorte de jarre ou de grosse « marmite ») destiné à transporter de l’eau, du vin, de l’huile, des céréales…, ce qui prouve bien l’ancienneté de ces lieux (voir photos).

Verrerie Basse fragment de dolium

Un four à chaux encore assez bien conservé

Enfin, la sortie s’est achevée par la visite d’un beau four à chaux dans le Travers de Pauchou.

La cuve de réception des blocs de calcaire dans la partie supérieure s’est effondrée. Par contre, la voûte de l’entrée du four à chaux est encore bien conservée. La chaux ainsi produite, calcinée à 500°, servait à amender (chauler) les terres acides situées en contrebas et entrait dans la composition de la bouillie bordelaise pour sulfater les vignes proches.

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