Les moulins de la vallée de Laussière

Les moulins de la vallée de Laussière

Sortie à Roussayrolles du  samedi 14 mai 2016

Secteur : Cordais, Grésigne et alentours
Commune : Roussayrolles et Saint-Michel-de-Vax
Météo : orage menaçant
Participants : Franck, Régine, Christophe et Louis
Sites visités : igue du Cuzouls, dolmen de Peyroseco et les moulins de la vallée de Laussière
Sites évoqués : une cavité prés du dolmen de Peyroseco différente de celle de l’igue du Cuzouls.

Voiture : Christophe

Photos: Franck
Le Cuzouls: une doline effondrée de 75 m de profondeur et aux environs de 10 m de largeur.

Au menu, exploration de l’igue du Couzouls. Pour nous, le lieu ne présente plus ou aucune trace – à l’heure qu’il est – d‘art pariétal (1) ; seule, une tâche ocre nous laisse sceptique dans la partie ouest. Des traces, il y en a, mais elles sont récentes car le lieu ne présente aucune difficulté d’accès particulier. La progression est facile.

Tâche rouge d’origine inconnue sous la calcite.

Très fréquenté, il a été livré aux pilleurs de grottes et littéralement ravagé depuis des annéesC’est loin d’être un cas exceptionnel. Ces déprédations ne remontent pas forcément au XXe siècle.

Des stalagmites coupées nous rappellent cette pratique courante des hommes de la Préhistoire la plus ancienne jusqu’au XXe siècle (2).

À toute fin utile, précisons-le, aujourd’hui, arracher des concrétions est passible de 10 000 euros d’amende.

Par ailleurs, partout, des fouilles clandestines à la barre à mine se sont succèdées, notamment dans le fond de la cavité où une fosse de près de 2 mètres de profondeur a été creusée.

Nous explorons « le trou » laissé par les pilleurs.

Par bonheur, des pilleurs ont laissé quelques tessons de céramique dont il difficile de donner une période tant ils sont petits, abîmés et sporadiques. Après consultation, ils semblent plutôt médiévaux que préhistoriques.

Il est remarquable que cet igue ait fourni des éléments de toutes les époques historiques.
Je le rappelle au passage : poteries dites « chasséennes », probable sépulture protohistorique, aiguille de bronze, amphores, tessons médiévaux, papier à cigarette contemporain.

L’effondrement progressif de la voûte, par endroit, a entraîné la formation d’un chaos rocheux. C’est sous ces rochers que les clandestins cherchent.

Des graffiti aussi « ornent » la caverne. Il sont de facture très récente.  

Concrétion en cascades type méduse.

Nous remarquons sur les parois des formations de calcite en draperie tout à fait remarquables. Partout aussi les points noirs des lampes à acétylène des spéléos.

Le dolmen de Peyroseco: un mégalithe reconstitué

Le dolmen de Peyroseco ou plutôt Peyro… en l’état, en ce début de printemps 2016. Trois dalles en calcaire sinémurien délimitent une chambre de 3 m X 2 m. Deux grandes dalles le recouvrent 
au sud.

L’approche de ce dolmen est mal indiquée. À la différence de celui de la Peyralade, plus connu sous le nom de dolmen de Vaour, il n’est pas en bord de route mais à l’écart d‘un chemin qui conduit de Roussayroles à Saint-Michel-de-Vax.

Pas d’autres dolmens proches à associer à ces deux là.

Depuis longtemps, des curieux avaient gratté autour. À partir de 1958, il fut l’objet d’une surveillance et fouillé par l’équipe de Jean Lautier à la fin de années soixante dix. Notre ami Henri Prat était de l’aventure (3).

Reconnaissance d’une architecture classique

À l’époque de la redécouverte, caché sur une croupe dans les fourrés, il consistait en une chambre quadrangulaire au trois-quart comblée de remblais, chambre couverte par deux grandes dalles plates (4) superposées. De part en part, des montants se dressaient pour supporter ces dalles de couverture (5). La structure s‘inscrivait dans une pente déclinante vers sud.

On discerna des traces du tumulus d’origine, au nord du monument. Il devait recouvrir la chambre. Il était composé de petites dalles calcaires jointives, posées à plat par centaines les unes sur les autres jusqu’à former une demi-lune autour de la chambre sépulcrale. Il s’agissait d’inscrire, d’une manière visible et durable, le monument dans le paysage. On devait le voir de très loin sur le Causse.

Plan du dolmen lors de sa découverte à l’état ruiné. Le tumulus de plan semi circulaire au nord cachait des restes du coffrage. On ne sait rien de la partie sud du tumulus. Tout l’art consistait à reconstituer le puzzle pour retrouver quelque chose de l’origine. Le choix de l’ouverture à l’est peut être discuté.
Source : Travaux et Recherches

 
C’est en fouillant les restes du tumulus que furent retrouvés des morceaux de dalle de couverture et de montants.

L’opération – très courageuse – aux dires d‘Henri consista au démontage, à la fouille, puis au remontage partiel et cohérent du mégalithe. 

Le dolmen vu du nord avec l’empierrement qui correspond aux éléments du tumulus. Le tertre devait être repéré de loin.

Aujourd’hui, le dolmen a gardé la forme donnée par l’équipe de Lautier dans les années soixante dix.

Mobilier

Hors d’atteinte avant le dégagement des dalles, dans une couche compacte de terre brune, la fouille d‘une partie de la chambre offrit toute une gamme de matériel lithique (hache polie, lames et éclats de silex, pointes de flèche classique du Quercy), osseux ou en test de coquillage (perles, pendeloques, éléments de collier) et métallique en cuivre (aiguilles, épingle, perles) mais aussi de la céramique.

Avec des exceptions, ce mobilier est typique de la fin du Néolithique entre le troisième et le second millénaire avant notre ère, moment où la métallurgie du cuivre fait son apparition dans notre région. C’est le Chalcolithique.

Mais, comme il est fréquent, le mégalithe a été « utilisé » (6) à des époques bien postérieures. En témoigne une épingle à tête ronde de  linceul en bronze plutôt du XIIe siècle. Jusqu’à quel point son agencement même n’a pas été modifié ? Plusieurs épisodes historiques semblent se succéder en laissant chacun des traces dont il est, pour le cas présent, impossible de livrer l’ordre et  le sens (7).

La présence d’une nécropole du Haut Moyen Âge de plein champ n’est pas à exclure aux abords de ce dolmen.

Le dolmen vu de l’est. On imagine les palans, les leviers, les trains de rondins qu’il fallut pour ériger ce tombeau collectif.
Entrée de la chambre

Vestiges anthropologiques 

Enfin, la fouille de tumulus, montra au nord-ouest du caveau, les traces d’une sépulture (extérieur à la chambre). En tout, on estima grâce aux amas osseux sur l’ensemble du site à une soixantaine le nombre d’individus enterrés, pas obligatoirement à la même époque. Récolte très fructueuse, si l’en est.
L’analyse de 853 dents aurait montré la présence d‘une grande proportion d’enfants. Ce qui peut paraître étonnant. Dhabitude, les dolmens sont plutôt réservés à des sépultures d’adultes. Les ossements montrent des formes de sélection. 

On peut se féliciter de l’œuvre de protection de l’équipe Lautier. Presque quarante ans ont passé et le mégalithe est encore debout, visible de tous. Le mobilier découvert a été déposé au musée Lautrec à Albi.

Les moulins de Laussière, un patrimoine au fil de l’eau

Dans des cercles rouges,  sur la rivière les implantations liés à l’activité des moulins. Source: carte IGN au 1/25 000

La vallée encaissée et ombragée du ruisseau de Laussière présente une série de moulins et d’aménagements tout à fait remarquables en l’espace d‘une centaine de mètres seulement. Bernard Alet a mené un travail d’archives sur ces moulins dont l’état de dégradation est avancé (8). Ils sont menacés à terme d’effondrement puisqu’il n’y a plus de toiture. Ils remontraient au XVIe siècle.

Des bâtiments destinés à moudre le grain sont visibles dans la partie haute de la vallée. Ils ont été abandonnés au milieu du XIXe siècle et figurent sur le cadastre napoléonien.

Partie dormante d’une meule à grain prise par la mousse. Meule en silex.
Meule à grain complète en place et en position.

 

Portion de meule déplacée positionnée à la verticale. Peut-être plutôt une meule de moulin à huile.

 

Place et reste de l’arbre de transmission entre la roue du bas et la meule du haut.

 

En bas, au niveau du cours d’eau la chambre des roudets souvent voûtée. En haut, avec fenêtre, la chambre des meules.

 

La chambre des « roudets » ou des « rouets » vue de l’intérieur. Observez le conduit où l’eau arrive sous pression pour actionner la roue à aube placée à l’horizontal. On devine des cerclages de métal qui devait appartenir à cette roue. À gauche, invisible sur la photo, le canal de fuite. Au plafond le trou de l’arbre de transmission.


 

Four à pain du deuxième hameau.


 

Vestige d’un canal afin de faciliter l’écoulement et la pression en période de faible débit. Notez l‘omniprésence des mousses.


 

1858. Une date assez peu significative comme souvent de la date d’élévation du moulin.


D‘autres sont installés plus bas. Ils ont été abandonné un peu plus tard en 1893. Dans le hameau, quelqu’un vivait encore juste avant la Seconde Guerre. On y installa même l’électricité. A partir de 1945, le lieu tombe dans l’oubli, il redevient sauvage.

Les deux hameaux connurent des périodes de concurrence farouche aux dires de Bernard.

À l’époque les versant était couvert de vigne. 

La faiblesse du courant, à certains moments de l’année, nécessita des aménagements de bassin. Toute un système complexe de bassins et de canaux est visible.

La dimension patrimoniale de cette vallée ne fait aucun doute. Les mécanismes sont bien visibles. Tout l’enjeu consistera à mettre en valeur ce patrimoine. 

 

   

Notes

(1) – Des yeux plus experts peuvent bien sûr venir nous contredire et ce sera avec un grand plaisir.

(2) – Que l’on agisse pour de l’argent dans la perspective d’un commerce juteux ou lors de mises en scène mystérieuses, elles sont victimes d’une fascination qui n’est pas récente comme le montre la découverte des « spéléofacts » de Bruniquel, quelques 400 stalagmites brisées il y a 175 000 ans. On ose à peine le croire. Voir à tout prix  https://lejournal.cnrs.fr/videos/bruniquel-la-grotte-qui-bouleverse-notre-vision-de-neandertal

(3) – A. Faraut, J. Lautier, H. Prat, A. Thubières – « Le dolmen de Peyroseco », Travaux et Recherches, n° 16, 1979, p. 21-29

(4) – Pour mieux comprendre les propos  de l’auteur.

D’après un dessin de Gilbert Fages


 
(3) – A. Faraut, J. Lautier, H. Prat, A. Thubières – « Le dolmen de Peyroseco », Travaux et Recherches, n° 16, 1979, p. 21-29

(4) – Elles sont dite « de chevet ». Y en avait-il une seule au départ ? C’est fort possible. 

(5) – Ils prennent le nom savant d' »orthostates ». 

(6 – La finalité de ces utilisations nous échappe pour l’instant.

(7) – Quand le dolmen n’a pas été pillé, c’est envisageable comme à Saint-Martin-du-Larzac, par Rémi Azémar.

(8) – http://www.mairie-roussayrolles.fr/groupe-magret/magret-six.pdf 

 

Des empreintes du plus haut Moyen Âge au dessus du Viaur

Des empreintes du plus haut Moyen Âge au dessus du Viaur

Compte rendu de la sortie du CAPA du samedi 10 octobre 2015
à La Salvetat-Peyralès(Aveyron)


Secteur : Pays du Viaur, Aveyron
Commune : La Salvetat-Peyralès
Météo : splendide ciel bleu 
Participants : Régine, Charlette, Bernard A., Kevin, Louis F., Werner, Jean-Marc  et Christophe

Voitures: Christophe et Louis

Sites visités : « La Boutique » et la chapelle de Murat

Sites à voir ou à revoir : châteaux de Roumégous et Castelpanis

 La Boutique surplombe le Jaoul. Un chemin « piéton » permet d’accéder à la vallée par l’ouest. Source IGN 1/25 000

À « La Boutique »

Ce jour-là nous répondions à l’invitation de Jean-Marc Berlou afin de nous rendre au lieu-dit « La Boutique »(1), un hameau perché en limite de plateau sur la rive droite du Viaur en face de Jouqueviel. 

Le propriétaire, Mr Rigaud s’interrogeait sur la présence d’une série d’empreintes dans le rocher que Jean-Marc et Michel ont identifié comme des cases-encoches il y a déjà quelques mois lors d’une première visite.
Jusque-là, ces indices n’avaient fait l’objet d’aucune mention.
14h 40. Nous arrivons en voiture sur les lieux sans trop de difficulté. À 381 mètres d’altitude, c’est un poste avancé qui domine un affluent du Viaur, le Jaoul. Le château de Roumégous plus au nord est bien visible depuis le site. L’endroit ne manque pas de charme en cette saison, vraiment.

Les bâtiments actuels sont assis à même la roche ou sur un lit de gros blocs de quartz blanc. 
Le chemin cadastré qui descend sur le Jaoul sert de cour à la ferme. Actuellement, le logis est à l’ouest, l’étable-remise à l’est. Juste derrière, on remarque une paroi rocheuse et des aménagements anciens type « case-encoches », 5 mètres de large pour 3 de profondeur(2).
L’affleurement ceinture une petite éminence rocheuse où nous n’avons pas décelé de traces évidentes de castelas. Pas de tranchées notamment ou alors comblées.
Comme souvent, des terrasses à l’abandon ont profondément modifié la forme du site primitif. 
Portons un regard sur les parois aménagées dans le substrat rocheux : au-delà des traces d’attaque au pic, il y a une profusion de perforations de taille et de nature forts différentes. Elles sont, le plus souvent, les empreintes de structures périssables aujourd’hui disparues. 

Un modèle du genre case-encoche

Un petit débroussaillage permet de distinguer sur la paroi exposée nord-est /sud-est une échancrure horizontale (dispositif de drainage), une banquette, une série d’opes (2) non alignés, un trou de poteau, une niche, un bassin dont la destination interroge. Enfin, quelques marches très érodées d’un passage pour accéder à un second niveau. Par ailleurs, aucun doute n’est permis, une porte a existé puisque que la roche montre une « virgule » permettant de glisser un rondin de fermeture, une empreinte de chambranle et un à-plat pour déposer le linteau.

Une case-encoche

Paroi nordest / sudest. Schéma des traces d’habitat excavé (dessin Kevin).
Flanc ouest avec saignée horizontale (dessin Kevin).

Etrange petit « bassin » dont on ignore la destination.

 
Le sol livre en surface de petites lauzes de couverture (percées) caractéristiques des cases-encoches.

 Petites lauzes de couverture

Le second niveau exposé à l’ouest (côté Viaur) présente encore une grande saignée taillée dans la roche.
Une seule maçonnerie est visible en haut de la paroi de la case. C’est un mur en pierre de schiste montées à sec d’un mètre de haut. Il est probablement récent.

Empreinte de structure type poteau

Conclusion: une paroi arrière verticale, un sol horizontal, des parois latérales verticales de hauteur dégressive, nous confirmons la nature des traces. Ce sont bel et bien des cases-encoches. Un habitat sur deux niveaux autour du passage marqué par des marches d’escalier. En l’état des connaissances, c’est le scénario le plus probable.

Le site révèle à peu près tout le registre classique des habitats à demi excavés. Il est à l’image de ceux de Castelpanis, Ambialet ou Fontrenard.

En bas, il serait intéressant de sonder la profondeur des dépôts pour atteindre la plate-forme constituée du substrat. Y a-t-il des couches archéologiques ? Ce n’est pas impossible. 

Nous nous rendons ensuite à la chapelle de Murat entièrement reconstruite à plusieurs reprises, notamment au XVIIIe siècle. Mention est faite de son existence au début du XIe siècle. 

La chapelle de Murat qui fut une église. Le château de Roumegous en arrière plan tout au fond.
Elle présente à différents endroits des croix occitanes trilobées assez exceptionnelles pour être mentionnées.

Photo prise d’un trou de serrure de la chapelle de Murat montrant le décor mural au-dessus de l’autel.


Notes 

(1) »La Boutique » vient peut être de botiga, la cave.
(2)C’est la parcelle 142. Assez intéressante de part sa forme.  
(3)Trou de mortaise

Bibliographie sommaire

Parmi les ouvrages traitants des cases-encoches et des habitats excavés, deux conseils. Le premier, réservé au grand public, est une contribution du CAPA. Mottes et castelas du ségala tarnais, Les guides archéologiques du Tarn, 2003, 4 euros

Le second concerne un public plus ciblé mais rapporte des cas intéressants à l’image de nos découvertes du jour. C’est une oeuvre collective suite à un colloque à Saint-Martin-le-Vieil(Aude).
Monique Bourin, Marie-Elise Gardel et Florence Guillot, Vivre sous terre, Sites rupestres et habitats troglodytiques dans l’Europe du sud, Presse Universitaire de Rennes, 2014, 39 euros

Fragments insolites au Riols

Fragments insolites au Riols

Compte rendu de la sortie du CAPA du lundi 17 août 2015
Le Riols et Saint-Martin-Laguépie

Secteur : Cordais et Tarn-et-Garonne
Commune : Le Riols et Sommard (Saint-Martin-Laguépie)
Météo : grand beau temps
Participants : Yann, Christophe et Yvonne
Sites visités :  hameau de Sommard, meulière de la Marèze
Sites vus et évoqués : sablière de Lexos, les plâtrières de Varen, fours gallo-romains du cap de la forêt et verrerie 
Voiture : Christophe et Yvonne


En premier lieu, une pierre mystérieuse


Mais qu’est-ce donc? Les cupules sont comblé par la mousse suite à une exposition à l’extérieur.
Le grès est homogène.







Des cavités alignées. Pour quel usage ?
C’est Yvonne Da Silva qui a sollicité notre venue.
Elle nous reçoit chez elle à Lexos(1), puis nous nous rendons ensemble à Belvert sur la commune du Riols. 


C’est un hameau de quelques maisons. L’Aveyron est tout près à une centaine de mètres. Nous sommes dans la propriété de Mme Gayral qui n’a pas pu se libérer ce jour-là. Nous trouvons rapidement la raison pour laquelle nous sommes venus : au bord d’une remise un bloc de pierre bien étrange que nous prenons en photo sous toutes les coutures. De part son aspect, il nous laisse perplexe (2)

En grès fin – et non en conglomérat – il mesure un demi mètre de hauteur. Parce qu’il est partiel, le bloc est difficile à identifier. En tout cas, il est « cupulé » tous les centimètres sur une seule face bombée. Les dépressions « en tronc de cône » ont un demi doigt de profondeur. Alignées, de la même taille, elles ne sont apparemment pas l’œuvre d’une machine.

Autour, un autre fragment, plus petit mais du même genre. Puis plus rien. Mise à part une tegula trouvée dans le champ en pente qui conduit au Roxé.
Parmi les objets étalés, il y a des meules et un rouleau de nature plus classique.


Nous n’avons rien remarqué d’autres à proximité.
Dans ces conditions, nous laissons le soin aux membres du CAPA et à leur entourage ainsi qu’aux lecteurs du blog l’occasion d’exercer leur sagacité. Nous ne nous lancerons pas dans un pronostic. Vous serez tenu au courant si il y a lieu de l’être.

Les restes d’un four à chaux


Localisation d’exploitation de chaux. Source: carte IGN (Géoportail)
Par la suite, nous nous rendons par la D34, plus au sud, au lieu-dit les « Fours à chauds » où nous trouvons effectivement la triade connue. Un bâtiment en ruine presque complète,  des trous d’exploitation à ciel ouvert et, bien sûr, un four à chaux au bord du chemin. Un seul en dépit du toponyme « Les fours à chaux ». 
Du four, il reste en 2015 des éléments en pierre de la chaudière en cylindre qui forment encore un demi cercle. Il s’appuie comme souvent sur le relief. Apparemment, il a été couvert par une bâche dans sa partie inférieure. Son état de délabrement est quasi complet et dans quelques années, il n’apparaîtra plus que par le toponyme (3). Aussi, nous enregistrons sa position.
Les sarcophages de Sommard
Au hameau de Sommard, nous nous rendons à l’église Saint-Jean-Baptiste où deux sarcophages sont actuellement protégés sous un apenti spécialement construit à cet effet.




Deux mots sur ces sarcophages qui – si ils sont très connus – n’ont pas engendré la moindre  littérature (4).

Nous remarquons deux blocs en grès creusés. Deux cuves. L’une est brisée. L’autre est dans un état de fraîcheur surprenant. Le sarcophage le plus au sud est coiffé d’un couvercle sans batière bien nette mais légèrement arrondi tout de même On voit très distinctement des butées rectangulaires à l’intérieur du sarcophage le plus au nord.


Les sarcophages à côté de l’église Saint-Jean-Baptiste à Sommard Source : carte IGN (Géoportail)
Je ne note pas de traces d’inscription, de bas-relief quelconque, ni de trous. En revanche, nous remarquons très bien une découpe céphalique (photo du bas) dans laquelle se logeait certainement un oreiller en matière périssable pour que le défunt puisse avoir la tête droite et regarder le ciel pour son salut.
Qu’en-est-il de leur présence ici ? Nous l’ignorons. Il y a fort à parier que l’église Saint-Jean-Baptiste lors d’aménagements divers ait livré ces deux-là.

Des meules rotatives gallo-romaines en réemplois

À l’allure où elles disparaissent (5), je note une série de réemplois de meules gallo-romaines (en portion découpée) dans le mur du cimetière sur le haut comme couronnement et dans les clôtures des jardins.


Trois demi meules de facture gallo-romaine verticales couronnent le mur du cimetière



Meule verticale encastrée dans un mur. Elle est facile à repérer.



Nous terminons par une visite des carrières gallo-romaines de la Marèze dont nous avons parlé à plusieurs reprises. Nous tenons à remercier Yvonne notre guide de l’aprés-midi.



Notes

(1) Yvonne me montre un biface partiel en silex ramassé sur le chemin de Caudecoste (Milhars). Il est à notre disposition pour photographie. 

(2) S’agit-il d’un fragment de meules ? D’une ébauche? D’une préforme? De quel type?

(3) D’où l’importance de conserver ceux qui restent en bon état. Un à deux par département…

(4) À notre humble connaissance.

(5) Il est bon de la rappeler et d’en prendre conscience.