Quelques considérations géographiques 

Dans la parcelle 399, le bâtiment est sur la commune de Larroque, à deux kilomètres à vol d’oiseau au nord est du village.

Juste à la lisière de la forêt domaniale, il jouxte le hameau de Mespel duquel il est éloigné de 500 mètres environ. Les relie un chemin dit “de Mespel à Saint Beauzile”sur le cadastre napoléonien(1).

Au  tout début du XIXe siècle, la configuration des lieux est quelque peu différente. Ainsi, la route  qui conduit à La Pégade à l’est en dominant la Combe de la Gleyo n’existe pas encore. Existe, par contre, au sud de la vieille église, un chemin orienté plein ouest par Al touret. Il a aujourd’hui disparu.

Par ailleurs, le chemin, juste au nord, qui conduisait à Lissart  est réduit aujourd’hui à l’état de piste, tout au moins sur une portion. Il avait une importance beaucoup plus grande il n’y a pas cinquante ans.

Un cimetière entoure le bâtiment à l’Est et au Sud.

Il est à noter que le près au sud en parcelle 401 présente des reliefs de type fossé discrets sauf sous certains éclairages du soleil matutinal.

Une frontière géologique entre le causse de Mespel et la forêt de Grésigne

Géologiquement le lieu est implanté exactement à l’extrémité occidentale de “la faille de Villebrumier” où les calcaires du Jurassique plongent sous le Permien grésignol(2) Les géologues évoquent le terme de “chevauchement”. Le socle est calcaire à l’ouest  et gréseux à l’est. On trouve, pas très loin,  aussi bien des fours à chaux que des carrières de grès. Les moellons du bâtiment  par leur variété sont significatifs de ce contraste géologique.

Le ruisseau de Touron qui passe juste au nord de l’église et va se jeter dans le Beudes témoigne de cette ligne de contact.

L’expression d’une grande simplicité architecturale

Le plan est simple. Une nef unique charpentée (et non voûtée) à chœur quadrangulaire, presque carré, bien orienté à l’est. On peut penser que c’est le plan primitif.

L’église présente des dimensions modestes. La longueur hors œuvre est de 13,50 m, la largeur de 6,50 m. La longueur dans l’œuvre est de … pour …

Ont été ajoutés ultérieurement à l’ensemble dans l’ordre chronologique une sacristie(présente au XVIe) en extension latérale et un porche.

Le bâtiment comprend deux contreforts au nord.

La différence de largeur entre le chœur et la nef est de 0,50 m à 1,20 m. Ce décrochement montre à l’extérieur une saillie de la nef de …  de chaque côté.

Un mur percé d’un arc triomphal sépare le chœur et la nef. A voir ce n’est pas toujours le cas.

Des matériaux locaux visibles dans le parement extérieur

Assurément, la lecture de l’édifice est rendue difficile par la présence d’un revêtement épais de couleur beige composé d’un enduit (chaux et sable tamisé) et d’un badigeon blanc qui couvrent encore les murs par endroit.

Il est à l’origine de motifs décoratifs comme une litre funéraire à fond beige(d’habitude plutôt noire… bizarre à caractere peut être non funéraire) 0,5 m de hauteur sur  à 0,5 m de largeur qui fait le tour du bâtiment ainsi qu’une bande sous les génoises du toit de couleur blanche. La litre devait comporter des armes qu’on ne parvient hélas plus à lire.

Par ailleurs, marquent les façades, deux croix blanches en léger relief: l’une sur le mur gouttereau sud entre les deux baies(100 X 30), l’autre sur le chevet en hauteur et en très léger relief(100 X 30).

Son état très dégradé sur le haut du bâtiment permet cependant des observations à l’extérieur. Pour le parement intérieur le observations sont impossibles.
Les matériaux correspondent à  des tradition locale visibles sur bien des bâtiments.

A l’emploi des moellons calcaire s’ajoutent des blocs de grès couleur rouille  le plus souvent dans les angles et les ouvertures car plus facile à tailler. Il n’y a pas d’autres matériaux visibles.

La provenance des matériaux n’est pas à chercher bien loin pour ce type d’édifice conçu par et pour les fidèles de paroisses isolées. La disponibilité des matériaux à proximité est grande dans ces lieux reculés. Les carrières de calcaire et de grès se devinent par dizaine en Grésigne et sur ses abords mais bien sûr il est difficile de déterminer la provenance exacte des blocs en question. On peut se demander jusqu’à quel point ils ne peuvent pas provenir de l’épierrage des champs.

Voir les carrières alentours

C’est une maçonnerie de blocage à parement de moellons.

Les tailles et les dimensions de ces moellons sont très variables de … à …
On parle de petit appareil inf. à 20 cm (Moyen entre 20 et 35)

Excepté les angles et les encadrements de baie, la plupart sont des moellons irréguliers juste ébauchés qui rappellent l’architecture en pierres sèches. Des blocs sont sommairement taillés de façon à avoir les arêtes de parement d’équerre.

La hauteur d’assise est irrégulière et de 0,12 à 0,20 m pour de longueur de 0,15 à 0,30m.
On note ça et là des calcaires en plaquettes pour les reprises de chaînage. Plus rarement pour des effets esthétiques sur le mur du clocher.

On ne relève pas de signes lapidaires, il est vrai réservé plutôt au gd et petit appareils.

Les blocs sont liés par un mortier d’une épaisseur substantielle. D’une teinte orangeâtre, il est le résultat d’un mélange épais de chaux et de cailloutis.

Il a noté que l’on trouve un four à chaux à quelques… un four à chaux et non un four à verre.


Les ouvertures

Les portes


Les portes visibles sont au nombre de deux. 
La première, encore en fonction, ouvre au sud dans le mur gouttereaux. Elle est montée en moellons appareillés taillés, chaînés en carreaux et boutisses. Elle forme un arc plein cintre. Elle se distingue du parement par une recherche esthétique. Sa largeur est de … pour … de hauteur.

Une deuxième porte est visible – quoique très mal à cause de l’enduit – sur le pignon nord au bas du clocher. Elle est obturée avec des moellons calcaires. Plus étroite que la première, elle présente deux piédroits montés en moellons taillés mais de différents gabarits tantôt en panneresse, tantôt en boutisse. Ils supportent un bloc taillé parallélépipédique calcaire qui sert de linteau. Sa largeur est de … pour … de hauteur.


Les fenêtres 

Sans compter celle de la sacristie, il y a trois fenêtres à embrasure intérieure. Toutes ouvrent au sud. Difficile à décrire car elles sont couvertes par l’endui. Elles ont probablement été remaniées(voir reconstruites) à différentes époques. Toutefois, aucune ne présente ce profil de meurtrière si fréquent dans le Tarn.

L’une éclaire le chœur de l’édifice, voutée à l’intérieur d’une embrasure de …, elle un aspect droit sur la façade avec un linteau monolithe et des jambages en pierre de taille.

Les deux autres, assez hautes, percent le mur gouttereau(2/3 du mur). Elles sont distantes de m…. La plus au nord montre un appui taluté très prononcé à l’intérieur.

Il n’est pas impossible qu’il y ait une fenêtre axiale au niveau du chœur mais l’enduit extérieur empêche de le voir.

L’arc triomphal qui isole le chœur de la nef est intact. Il s’inscrit dans un mur. Il est couvert par des plaques de stuc qui empêchent une bonne lecture de sa mise en forme. L’arc est plein cintre(non outrepassé) et repose sur des piliers(imposte saillante très longue) carrés avec corniches stéréotypées de … de hauteur pour … de largeur dominé par des corniches avec entablements stéréotypée en plâtre.
Le choeur est surélevé d’une marche.

Le clocher

La crête du pignon nord se poursuit par un clocher-mur avec une seule baie vouté plein cintre composée de neuf claveaux. La baie supporte une unique cloche. Le mur se rétrécie sur le haut pour laisser place à une croix en métal.

Des angles arrondies
 Raymond Laurière, Une école d’architecture rouergate ? Les églises préromanes à angles arrondies, Recueil des travaux de la Société des Lettres et sciences de l’Aveyron, 2012, 404 p.

La toiture

Des génoises

Le choix du rectangle est très usité pour la période pré-romane dans la région. Il offre aux architectes une couverture assez facile à poser. Et pour les petits budgets.

Bien que dans le Tarn, elle montre les formes dominantes de l’architecture du Rouergue méridional bien étudié pour ce genre d’édifice par Geneviève Durand(3).

Voilà donc une église…

D’aucuns pense que le bâtiment est d’origine romane? Pourquoi pas.

Calcaire dolomitique = d’un bloc / calcaire en plaquette

(1) ADT, Plan cadastraux, Larroque, 1812    
(2)Carte géologique de la France à 1/50 000, Nègrepelisse, J.G. Astruc, R. Cubayne, M. Durand-Delga, S. Legendre, B. Muratet B. Pajot, T. Pelissié, J. Rey, B.Sigé,  BRGM, 931, 2000      
(3)Geneviève Durand, Les églises rurales du premier âge roman dans le Rouergue méridional, Archéologie du Midi médiéval, tome 7, 1989, pp. 3-42                    

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