En amont de la vallée de Bonnan

En amont de la vallée de Bonnan

Compte rendu de la sortie du CAPA du mercredi 5 août 2015
Vallée de Bonnan (Milhars/Rousseyrolles)


Secteur : vallée de Bonnan
Commune : Rousseyrolles, Milhars, Féneyrols (Tarn-et-Garonne)
Météo : canicule mais presque supportable
Participants : Bernard A., Charlette, Yvonne, Marcelle, Pierre et Christophe

Personnes rencontrées : Sonia Roockx, Gilles Jaïme et Marc Barré

Sites visités :sarcophages de Milhars et de La Madelaine + verrerie de Bonnan
Sites évoqués : grand aven du Cuzouls, doline aménagée en culture de Rousseyroles, la 
« grange » ou « métairie » de Bonnan, prieuré de Sainte-Magdeleine, carrière de Lexos, carrière de meules (Pierre) et/ou tombes rupestres (Lautier) à Peyrelade, Camp Grand
Voitures : Christophe, Bernard et Pierre

 Trois communes se partagent l’amont de la vallée de Bonnan: Milhars, Roussayrolles et Féneyrols. Pour des raisons de confidentialité la verrerie n’est pas indiquée. Les autres sites sont connus.
La vallée de Bonnan fut l’objet en 2002 d’un rapport de prospection-inventaire sur le canton de Vaour. Il était le fruit du travail de Frédéric Martorell et du CAPA.
Suite à sa relecture, il s’agissait ce jour-là de faire le lien entre les sarcophages lieu-dit du 
« cimetière de La Madeleine » et le sarcophage entreposé au nord du four banal de Marc Barré dans la propriété de Gilles Jaïme.
C’est en leur compagnie que nous examinons les restes du tombeau – ou de ce qu’il en reste – conservé en plein air.
Nous remarquons bel et bien la présence de fragments de sarcophages dans les broussailles. Deux fragments, plus exactement, parce que plus gros ils sortent du lot : un couvercle en bâtière et une cuve. Nous les prenons en photo. Les pièces sont couvertes de mousse et vraiment très abîmées.

Elles sont en grès quartzitiques du Trias. C’est un grès gris et très durs, riches en feldspaths. Hypothèse la plus probable : le matériaux proviendrait de la formation de Grézelles bien en amont dans la vallée (1).

 Un fragment de sarcophage dans la propriété de Gilles Jaïme.
 
 Nature du grès triassique matériau du sarcophage

Ce sarcophage aurait été ramené jusqu’ici pour des raisons inconnues à une époque indéterminée mais plutôt récente. Il nous est raconté qu’une exposition de biens patrimoniaux a eu lieu il y a déjà quelque temps dans le village à l’initiative d’un certain monsieur Donnadieu. En outre, d’autres éléments gréseux sont visibles mais à l’état de petits fragments (2).
Avoisinantes, nous notons aussi la présence de grosses cuves hautes en grès, et enfin, de conduites en terre cuite rouge, de différents diamètres, liées au bassin creusé dans le parc du château que l’on connaît (3).

 Un exemple de conduite liée à des aménagements hydrauliques du château
Nous nous rendons ensuite en voiture chez Sonia Roockx au lieu dit « Les Clauzels ». Elle nous accueille avec gentillesse pour un café. Nous échangeons quelques propos.
Elle ne nous apporte pas d’autres précisions sur les sarcophages dit de La Magdeleine que nous ne connaissions déjà. En revanche, elle évoque la verrerie de Bonnan. Est-ce justement celle de la famille Collomb mentionnée pour la première fois au tout début du XVe siècle ? (4).


Revenons quelques années en arrière. Le site a été fouillé en 1984 précisément, et ce par des « archéologues ». L’autorisation donnée par Sonia (à l’époque propriétaire du terrain), les soit-disants archéologues ont effectivement extrait du lieu des morceaux de verre dont Sonia certifie la nature mais elle est bien en peine pour se souvenir d’un nom. Bien entendu, plus de traces, ni de nouvelles des « archéologues » depuis cette époque. Ils auraient été en lien avec le musée d’Albi. Pas de rapport de fouille à notre connaissance pour l’instant (5). Il ne faut pas désespérer cependant.
Est mentionnée lors de la discussion la présence d’«arènes» au nord-ouest vers Le Gros. A priori, le lieu serait plutôt une doline aménagée pour les cultures en terrasses soignées que de facture gallo-romaine (6).
Est relaté l’aménagement à des fins pédagogiques du dolmen de Peyroseco (Fourcou) par l’ASCA auquel Henri participa. Sonia nous indique aussi la probabilité d’un dolmen au Clot dont il ne serait pas inintéressant d’évaluer la réalité archéologique.
Nous est localisée précisément sur la carte une suite de quatre bassins sur le cours d’eau en amont de La Magdeleine. La plupart sont au milieu des pâturages.
Ils sont dans des états d’inégales conservations. L’un d’eux a été abîmé par un engin. Barrages pour les uns, bassins bâtis pour les autres. Leur vocation prête à interprétation : irrigation, viviers à poissons. Ils semblent en lien avec des aménagements du Bonnan à des époques variées mais surtout au XVIIe siècle (7). Le rapport du CAPA de Frédéric est très précis sur le sujet, aussi nous ne nous y attarderons pas. Le descriptif est impeccable.
A l’occasion, il m’est signalé qu’il n’y  jamais eu de véritables moulins sur le Bonnan.
Pour terminer, Pierre rapporte la présence d’indices gallo-romains dans la haute clairière du « Grand Camp ». Le toponyme (8) et des traces insolites sur des vues aériennes intriguent.

Où il est question de la verrerie de Bonnan

Nous nous rendons sur le lieu de la verrerie de Bonnan sondée en 1984. Les archives la mentionne « à mi chemin entre Rousseyrolles et Milhars ». La dite verrerie est installée dans un coude du sentier en haut d’un ruisseau sur une terrasse à présent enfrichée. In situ, ce qui ne manque pas d’intriguer, est l’absence de traces d’artisanat verrier pourtant fort polluant d’habitude. A priori, pas de fragments de creusets, de tessons de verre, de pierres vitrifiées, de ratés de cuisson, de zone de dépotoir visibles. Tout au moins au premier abord.
Nous parvenons juste à distinguer une suite de bâtiments composites sur un demi hectare, bâtiments liés à des murs d’épaisses clôtures. A l’atelier aurait-il succédé – dans un deuxième état – un bâtiment agricole comme souvent c’est le cas. Cela n’aurait rien de surprenant. Quelqu’il en soit, l’état de dégradation des vestiges est très avancé. Il serait temps d’en dresser si ce n’est un plan, au moins un schéma. Au nord du site, nous constatons le trou du sondage non rebouché des « archéologues ».
Dés lors un travail d’archives déjà mené – au moins en partie – par Jean-Paul Marion est nécessaire. Nous reviendrons sur les lieux cet hiver afin de préciser les lignes et les contours du bâtiment et, enfin, de découvrir un indice verrier. Peut-être dans la pente vers le petit torrent…
D’éventuelles relations avec les bâtiments religieux qui l’entourent ne sont pas à exclure. 

Des sarcophages sans église

Nous nous rendons ensuite à La Magdeleine pour observer les sarcophages. Du chemin, ils passent inaperçus car ils profitent d’une petite terrasse dans la pente hors d’atteinte des crues du Bonnan. Le gué est guère éloigné des sarcophages. Notons aussi la proximité des limites communales.
Ce sont deux cuves de sarcophage (9) monolithes vidées depuis longtemps avec un couvercle en bâtière très dégradé. Parmi, les éléments remarquables, nous constatons qu’ils sont orientés (tête à l’est) et donc fort probablement dans leur contexte d’origine. Ils sont d’ailleurs encore «à fleur de sol». Des amorces de têtière sont visibles mais pas, à franchement parler, de « loges céphaliques ». Nous ne les avons pas dessinés car la végétation est bien trop dense pour une bonne observation.
Un sarcophage de Bonnan à l’état 2015. De forme trapèzoïdale, il est orienté vers l’est donc fort probablement en place.

C’est bien le même type de sarcophages que celui de Gilles Jaïme à Milhars. Mêmes formes générales sans avoir le même gabarit, même grès triassique.Toutefois, nous ne trouvons pas la zone de prélèvement du sarcophage entreposé à Milhars.

Deux remarques confirment et modifient notre approche pour la prospection-inventaire du CAPA de 2002. Il est certain qu’ils ont des parentés morphologiques évidentes avec ceux du « cimetière des Anglais » à Marnaves que nous connaissons bien.

Par ailleurs, nous ne parvenons plus – dans la partie inférieure des sarcophages – à distinguer la trace de ce que souvent la tradition orale considère comme des trous d’évacuation des liquides de décomposition corporelle mais qui sont en réalité des trous de « louve », engin de levage, sorte de grosse pince métallique pointue, du type grue, des carriers antiques pour tirer les blocs de pierre destinés à devenir des sarcophages, avant leur taille et leur mise en place (10).
Suite à une discussion avec Marc Durand, la nature de ce type de sarcophages les placent avec une quasi certitude entre le VIIe et le IXe siècles, pas après. La fruste ébauche des têtières ou des « amorces de têtière », l’absence de véritable loge céphalique et la forme en bâtière du couvercle militent en ce sens. La fourchette est large mais intéressante car elle s’accorde avec une première christianisation de masse des populations.

Le haut du sarcophage avec une amorce de têtière centrée en creux entre deux surfaces planes à droite et à gauche.

Dans quelle mesure un bâtiment religieux accolé à ce cimetière n’aurait-il pas existé avant même La Madeleine. A-t-on assisté à un « déperchement » du lieu de culte originel ? Cela, bien sûr, reste à prouver mais c’est une hypothèse de travail fort intéressante. 


Une chose est sûre, au moins. D’expérience, ces sarcophages sont trop éloignés du bâtiment de La Magdeleine pour être le cimetière de cette église dont le nom apparaît au XIIIe siècle. A plus forte raison, à une période comme le haut Moyen Âge où le tendance est à disposer les sépultures autour des églises, dans un souci de placer le défunt au plus près de Dieu

Au début de la période carolingienne


Ces premiers « oratoires » champêtres du VIIIe siècle qui deviendront des églises sont fort probablement construits en bois (11) peut-être sur solins de pierres. Aussi l’archéologie est très démunie pour les décrire. Il est tout à fait exceptionnel d’en retrouver des traces. Ce sont des édifices, au départ privés, que l’Eglise va utiliser pour répondre au besoin des ruraux isolés. Besoin pour baptiser, pour la célébration des offices et, bien sûr, pour inhumer. 

Au même titre que les castelas, ces premières églises et leurs cimetières fixent l’habitat. C’est à partir d’elles que les évêques découpent l’espace et forment peu à peu la trame des paroisses à l’époque carolingienne. 


Il est dans la logique des choses que ces sarcophages – à l’époque – n’étaient pas isolés mais cotoyaient un modeste bâtiment de culte et quelques maisons. D’autre part, il va de soit que les sarcophages ne se résument pas à deux sur le lieu même (12). Ces derniers étaient-ils alignés ? Y-a-t-il à côté d’autres types de sépultures à la même époque ? C’est fort probable, car il existait aussi des tombes construites à bordures de pierres, des inhumations en coffre de bois ou sur brancard et aussi des inhumations en pleine terre pour ceux qui n’avaient pas eu les moyens de s’offrir un sarcophage qui coûtait relativement cher. Le cimetière a-t-il été désaffecté ? Quand ? Seule l’archéologie peut répondre.

Le toponyme de « Saint Babo » typiquement mérovingiens (13) bien plus à l’est n’est peut être pas sans lien avec cette première phase de construction de bâtiment religieux (chapelle de cimetière ou église ?) sans doute bien antérieure à La Métairie et à La Madeleine. 



L’hagionyme « Saint Babo » dans la vallée de Bonnan n’est pas sur le site même des sarcophages. Cependant, les toponymes ne sont pas fixés en un lieu précis. Il arrive qu’ils se déplacent, qu’ils se décalent ou que la disposition de leurs noms sur les cartes ne soit pas d’une grande rigueur. Nous gardons pour les sceptiques des exemples tarnais. 

Dans la vallée au bord du Bonnan, nous observons la moitié d’un gros rouleau en grès. Evidemment, il pose question. A en juger par nos quelques observations, cette partie forestière de la vallée n’a pas toujours présenté l’allure sauvage qu’on lui connaît actuellement. Les traces d’aménagement pour ne parler que de celles visibles (chemin, canaux, clôtures)  sont nombreuses. Et elles remontent certainement au tout début du Moyen Âge.

Demi meule de belle proportion à en juger par ces dimensions.


Nous remercions bien sûr Sonia pour sa confiance et ses indications.
Notes
(1 )Des carrières d’extraction du grès sont d’ailleurs prévisibles dans cette partie de la vallée. A confirmer.

(2) Y-avait-il plusieurs sarcophages et non pas un seul ?

(3) Voir notre dernière sortie à Milhars. Le bassin est détruit à la Révolution pour être reconverti en vignes. Puis en 1980, en culture de céréales. C’était un œuvre du début du XVIIe siècle suite à un captage des eaux du Bonnan. Son emplacement exact ne fait pas l’unanimité.

(4) Paul et Jean-Paul Marion relèvent encore une mention d’archives. De 1640 à 1648, le verrier rouergat itinérant Philibert de Filiquier s’installe dans ladite verrerie de Bonnan qui appartient à François Cazillac.

(5) Peut-être le centre de documentation de la DRAC de Toulouse nous donnera plus ample information?

(6) Il est vrai, le lieu, pour le moins isolé, ne prête pas à ce genre de bâtiment plutôt urbain. Il n’y a qu’à s’y rendre pour en convenir. Yann nous avait fait part de sa perplexité face au monument.

(7) Frédéric Martorell spécifiait que les aménagements hydrauliques n’étaient pas d’origine romaine comme une légende tenace l’avait soutenue. Notre collègue est même très circonspect quant à une datation du Moyen Âge.

(8) Le « camp » désigne plutôt le champ que le camp militaire dans la région.

(9) L’une d’elle fut bien décapée par nos soins en 2002. Une photo existe.

(10) Que cette légende à la vie dure… Peut-être par qu’elle est fascinante et morbide. Ces trous dans les grès ne sont pas à confondre avec des cupules.

(11) Encore que le débat, je ne vous le cache pas fait rage. Le bois contre la pierre dans notre région.
Par ailleurs, l’idée que les sarcophages de pierre soient à cette époque réservés à une élite est de moins en moins acceptée.

(12) Il en existe quatre pour Jean-Paul Marion. Ce n’est pas du tout improbable.

(13) Lié à sainte Sigolène. Lire le texte de Jean-Paul Marion à cet égard. Ce type de vocable lié à un saint de l’époque mérovingienne est repris à l’époque carolingienne pour nommer un lieu, une église.

(14) A noter. Notre ami Pierre évoque sans précision, ni véritable preuve – pour l’instant – la présence de sarcophages à La Madelaine même, à proximité immédiate des bâtiments. Nous verrons bien.

Vous pouvez approfondir la réflexion en lisant deux ouvrages non liés à l’archéologie mais fort utiles pour comprendre les phénomènes à l’œuvre à l’époque carolingienne. 

AUBRUN Michel (2008) –  La paroisse en France, des origines au XVe siècle, Picard, Paris

GARDON Stéphane (2003) –  L’origine des noms de lieux en France, essai de toponymie, Errance, Saint-Etienne



A l’ombre des murs de Milhars

A l’ombre des murs de Milhars

Compte rendu de la sortie du CAPA du jeudi 16 juillet 2015
Milhars

Secteur : Cordais
Commune : Milhars
Météo : étouffante, soleil de plomb
Participants : Bernard A., Marc, Pierre et Christophe
Site visité : maison Barret et ses alentours
Sites vus ou évoqués : le château de Milhars
Voiture : Christophe et Bernard


Vue oblique des lieux visités (source: géoportail) 

Une maison chargée d’histoire

Ce jour-là nous rencontrons Marc Barret, à l’intiative de Pierre Fèvre présent avec nous tout au long de notre de visite (1).

De l’histoire de son  actuelle demeure, il rappelle son nom ancien : “la maison des Gardes”, son achat il y une dizaines d’années par des Anglais et la présence entre les deux guerres d’Espagnols qui vivaient là dans des conditions précaires (2).

Cette maison était à l’état de ruine, il y a 20 ans remarque Bernard.

Marc Barret nous accueille à l’intérieur de la partie nord de sa demeure.
Elle comporte une grande cheminée assez semblable à celle de l’abbaye de Vaour avec des niches latérales remaniées.

Les murs sont appareillés avec des moellons de calcaire local juste ébauchés, du grès souvent pour les encadrements et les chaînages. Il y a même du tuf quelquefois.

Le sol est une calade refaite récemment. Il consiste en un pavage en galets. Galets éparpillés, noyés dans une chape de béton où Marc Barret trouva une pièce de l’époque de Louis XIII que nous n’avons pas pu voir. Il trouva aussi des médaillons contemporains de la présence des Espagnols.

La calade est constituée de galets enfoncés dans un lit d’argile. Là où elle été restaurée  l’argile a été remplacé par un mortier à la chaux. Les joints aussi ont été réalisés à la chaux  avec du sable de Lexos.

Il nous montre un fragment de pierre tombale trouvé « vers la château ». Il est gravé et la visibilité est parfaite. Je le prends en photo. Il est – semble-t-il – en calcaire gris bleuté qui jure assez avec le calcaire local. On y voit très clairement un armet à plume de parade (type XVIe siècle). On devine une visière. On remarque la protection de la nuque. Il y a une fleur de lys également (3)


Fragment de pierre tombale en provenance du château

Nous pénétrons, ensuite, dans le deuxième corps de bâtiment sud qui paraît plus ancien. Après la cuisine, s’ ouvre une grande « chambre » rectangulaire, très haute, appelée « salle des gardes » par Marc Barret. Elle comprend deux étages qui possèdent chacun une cheminée. On y voit un parement en moellons calcaires équarris à joint incertain. Il ya des calages d’assise. Le sablage a décapé les mortiers anciens. La pose est irrégulière. Nous prenons des photos.

La cheminée à l’ouest de la pièce présente une «plaque foyère» en pierre (3). Nous la photographions (4)


La pièce conserve d’une époque indéterminée le percement d’une fenêtre à menaux qui donne au sud. Elle ne présente la trace d’aucune archère. Au plafond, solives et poutres ont été refaites récemment.


À présent, nous descendons au sous-sol. Une cave voûtée avec soupirail au nord. Les moellons sont couverts d’un badigeon. Elle est construite sur et avec l’assise du banc calcaire qui affleure à ce niveau. Il n’y a aucune trace de silo nulle part. Rien de particulier à signaler.


Un four banal (5)

Nous gagnons ensuite le « four banal », un des rares exemplaires encore debout dans le Tarn  nous a confié François Tourtoin (délégué départemental de la Fondation du Patrimoine). Il est en assez bon état. C’est un four sous abri (construit selon un mélange intéressant terre/calcaire/grès) avec une charpente sur laquelle repose directement les tuiles. Le toit en question menace de s’effondrer. Le four, en tant que tel, est hémisphérique. Le socle et la sole sont en assez bon état, la voûte, où dormait une chauve-souris Rhinolophe, un peu moins. Pour la réfection, le coût s’élèverait entre 15 000 et 30 000 euros nous confie le propriétaire dans l’expectative.


Le four (grès + calcaire) est protégé par un toit voûté. À l’intérieur, la structure est tapissée d’une couche épaisse d’argile.

 Intérieur du four où l’argile rubéfiée tombe en morceaux.

 Mur en terre de l’abri du four avec fissures sans doute antérieures à la confection de la charpente.
C’était, nous confie Marc Barret, le four du seigneur. Il est en fonction au tout début du XVIe siécle. Les habitants avaient droit au four à pruneaux, au four à chataîgnes mais le four à pain était collectif et son utilisation faisait l’objet d’une taxe. 

Sous le four, nous observons une cave voutée que Marc Barret considère comme une prison à cause de son double système de portes. On y accède par un escalier droit. Nous éclairons à la lampe une couche de galets dans la partie nord de la pièce. Elle soutient un mur hémisphérique d’origine peut être plus ancienne que la cave.


Entrée du le cellier ou « la prison » sous le four à pain

Le château de Milhars

Nous nous rendons ensuite devant la grille du château en passant par le tunnel (6) où se tient une exposition et l’orangerie. Nos guides évoquent les figures d’Albert Lemaitre, peintre longtemps propriétaire du château. C’est la famille Lamborelle qui en est actuellement propriétaire. Les caves du bâtiment remonteraient aux premières phases de la construction. Nous n’avons pas pu le vérifier.

La bâtisse actuelle est le résultat d’un réaménagement courant XVIIe siècle visant à la rendre plus confortable. Des archives témoignent de l’opération. Une tour existait à l’est avant son effondrement et sa démolition complète en 1882. Le cadastre en conserve la trace. Le bâtiment est classé MH depuis 1943. Cela n’a pas empêché l’effondrement d’un mur  de soutenement au printemps 2014. Heureusement sans victime.
À noter : nous constatons la présence de sarcophages en morceaux à côté du four banal dans les friches au nord. Ils proviendraient de la vallée du Bonnan. Nous nous promettons de revenir sur les lieux avec l’autorisation du propriétaire.

Nos deux amis subodorent l’existence d’une courtine et d’une porte à l’ouest. Ils nous montrent la trace possible d’un ancien rempart. Aucun indice de fossé cependant. Ils  sont apparemment divisés sur l’emplacement du « lac avec vivier au lieu dit Le Parc » réalisé au XVIIe siècle dans la foulée de la rénovation du château. Sur la hauteur pour Pierre, plutôt en bas en fond de vallon pour Marc.


Un bâti plutôt composite vous le constatez. Peut être un tronçon de rempart.

Plus au sud, en façade, nous distinguont assez facilement deux périodes dans la construction de la maison Barret. Autant l’aile orientale montre une finition maladroite, autant le corps de bâtiment sud présente un aspect plus régulier dans le parement. La partie la plus ancienne de la maison s’intègre-t-elle à une étape des fortifications du bourg castral ? Ce n’est pas impossible. Reste à savoir quand et comment. Sa position actuelle à l’extrémité ouest du village sur le chemin de Bonnan est un argument favorable à cette étape.


Une construction en deux temps

Le village de Milhars organisé en colimaçon autour de son château perché présente un intérêt historique et archéologique. Ce n’est pas une bastide, ni un bourg marchand, mais il a toujours entretenu un soucis de sécurité visible à travers des remparts qui vont doubler ou compléter ceux du châteaux, en plusieurs phases, à des moments divers de l’histoire notamment lors des périodes de troubles. On parle de fortification collectives c’est-à-dire pour tous les habitants et pas seulement pour les seigneurs. C’est d’ailleurs le cas pour les autres villages du Nord du Cordais. Au préalable et pour précisez la chronologie, un travail d’archives doit être mené avec une problématique claire de recherche.

Pour le four, nous conseillons à Marc Barret d’établir un dossier d’inscription (7) au préfet pour trouver par la suite un financement plus facile auprès des services publics ou de partenaires semi-privés comme la Fondation du Patrimoine. Elle vient d’ailleurs d’agir à Milhars pour une « maison de caractère ». Qu’il s’inspire aussi des financement pour  la restauration du four de Magné à Haute-Serre en Grésigne. Ce four gagnerait à être dessiné et mis en plan.

Quant au bâti du village, il mériterait – au moins à certains endroits précis – une étude attentive de celles qu’ont mené récemment Élodie Cassan pour les bourg castraux autour de Cordes et Cédric Trouche-Marty dans le dernier AT17 pour les bourgs castraux en Albigeois. C’est très à la mode, décidément. Et c’est tant mieux.
Le dernier colloque sur « la maison médiévale en Aveyron » en 2013 est aussi riche d’informations. Il est en ligne gratuitement.


Affaire à suivre en tout cas.


 
Notes

(1) Nous les remercions bien sûr pour leur accueil.

(2) C’est en effet, une vingtaine de familles qui vinrent s’installer dans le Cordais.

(3) D’autres pièces de collections, extérieures à notre région, nous sont montrés comme un moule à osties, un canon de réjouissance (XVIII-XIXe siècles) et même un miroir aux alouettes.

(4) Elle peut servir à étudier celle du Puy-Saint-Georges à l’étage dans la tour qui depuis longtemps intrigue.

(5) Il appartient au seigneur du village qui contre l’usage aux habitants fait pays une banalité, une taxe. 

(6) Salle basse voûtée qui sert d’entrepôt pour les tonneaux de vin.

(7) Nous nous posons la question de savoir si il n’est pas déjà inscrit dans la cadre du rempart et de « ses abords ».

Un cabinet d’amateur

Un cabinet d’amateur

Compte rendu de la sortie du CAPA du samedi 4 juillet 2015
Le Verdier (1)
Secteur : CordaisGrésigne et alentours
Commune : Le Verdier
Météo :  forte chaleur
Participants : Louis, Marcelle et Christophe
Site visité : les alentours du dolmen de Saint-Paul
Voitures : Louis et Christophe
Une visite à Jean Vaissié
Présentoir avec vitrine dans le salon de Jean Vayssié


  Un collectionneur

Ce jour-là, avec Louis F., nous nous sommes rendus chez Jean Vaissié aux Garrigues sur la commune du Verdier. Cet ancien chimiste cantalou fort sympathique conserve une belle série lithique connue des préhistoriens locaux. Suite à un signalement de Régine, c’est Marcelle Goisset de Sainte-Cécile-du-Cayrou qui nous avait informé de son existence (2).

Après un questionnement de nature technique en bonne et due forme, Jean Vayssié nous a présenté ses pièces et nous avons pris quelques-unes en photo.

Le Verdier : une usine à silex

La série lithique récoltée montre une grande variété temporelle de la petite pointe de flèche néolithique au biface acheuléen ; que de siècles écoulés!

Comme le faisait remarquer André Tavoso, au Verdier, l’abondance de ressources est telle que nul n’est besoin d’économiser la matière première. Sans relâche, des générations et des générations de tailleurs ont tapissé le sol de leurs déchets. Moustériens, Acheuléens, Néolithique, meulière du XVIIIe siècle, c’est selon. Il y en a véritablement pour tous les goûts. Les utilisations du silex s’étalent sur des centaines de milliers d’années. Dès lors, le paysage archéologique est pour ainsi dire passablement embrouillé (3)

Quant aux outils finis, facilement repérables (bifaces, racloirs, lames, pointes de flèche), ils ont été le plus souvent emportés loin du Verdier. Cependant, des exceptions garnissent des collections privées dont le devenir est incertain et compliqué (4). Isolés de leur contexte les outils ont peu de valeur archéologique en tant que tel. Ils ont parfois une valeur pécuniaire.

Tous les pièces de Jean Vaissié – sans exception – proviennent des champs et vignes à l’est du dolmen de Saint-Paul (Sainte-Cécile-du-Cayrou) et sont issues de ramassages successifs sur plusieurs années. Le plus souvent au début de l’automne.

Deux pièces remarquables frappent dés le premier abord notre attention.

D’abord, un biface de plus de 20 cm de long sur gros galet de quartz (5). Il est réservé au talon et taillé au percuteur dur de façon rapide sur les deux faces. Demeure des plages du galet initial. Il n’est pas pointu (6) et les tranchants sont presque rectilignes et retouchés ici et là, mais grossièrement. Il est assez caractéristique des outils les plus anciens que l’on trouve dans le Tarn à l’Acheuléen. C’est surtout sa dimension qui impressionne.



 Face convexe
Face plane
Notez dans le cas présent la taille des enlèvements hors-normes. Parfois de 10 cm.

Autre pièce intrigante, un petit biface roux taillé au percuteur tendre autour d’une micro-galerie en forme de trou qui ne semble pas avoir servi d’emmanchement. Recherche esthétique ou fonction pratique inconnue ? Allez donc savoir.


Il ne s’agit pas d’une perforation d’origine humaine mais bel bien d’un accident naturel du silex. Il n’y a pas eu de forage. Le trou oriente la taille et le choix.



Après un pastis rafraichissant, nous prospectons sans grand résultat (7). Nous remarquons des zones à rognon et des éclats indubitables mais pas d’outils. Nous reviendrons sur les lieux à un moment plus propice et surtout sous une chaleur moins accablante.


Notes

(1) Pour des raisons pratiques (suite aux conseils de Marcelle) et parce que la rencontre a été décidée rapidement, la sortie n’était pas ouverte à tous les membres. Elle se déroula en matinée.

(2) Marcelle elle-même a fait quelques découvertes que nous prenons en photo.

(3) Quand les déchets ne sont pas enfouis par les circonstances.

(4) Nous nous arrêterons un jour plus longuement sur le sort de ces collections en donnant quelques exemples.

Le territoire en question (Le Verdier) n’est pas dépendant d’un centre de conservation officiel. La collection appartiendra un jour (lointain j’espère) aux héritiers à moins que des démarches particulières soient accomplies par l’inventeur.  Ce que nous souhaitons. Les héritiers ne sont pas toujours passionnés par « les vieux cailloux » et cela peut se comprendre.  

(5) D’ailleurs étranger au contexte géologique du Verdier.

(6) Limite « hacherau » pour les spécialistes.

(7) Mais est-ce vraiment étonnant ? Jean Vaissié fatigué ne peut pas nous accompagner. Il le déplore.

Petite virée en terres connues

Petite virée en terres connues

Compte rendu de la sortie du CAPA du mecredi 13 mai 2015
Puygouzon, Lamillarié et Castelnau-de-Levis

Secteur : Réalmontais (surtout) mais aussi Cordais
Commune : Puygouzon, Lamillarié, Castelnau-de-Levis
Météo : couvert, chaud et très lourd
Participants : Michel P., Martine, Jean-Simon, Yann, Régine, Sylvane, Franck, Claudette, Charlette, Jean-Pierre, Guillaume et Christophe
Sites visités : site de La Garenne proche de Montsalvy, site de Fourmazel”, site du Carla
NB : Un site gallo-romain inédit a été repéré vers le Puech d’Estépou par Guillaume Pech. Il a été bien localisé, nous y retournerons cet hiver.
Sites vus ou évoqués : Le Ségalar et Saint-Salvy
Voiture : Christophe, Michel P. et Guillaume
Archives et topographie

 Reste de butte-témoin à La Garenne. Relief de hauteur, entaillé par deux « serres ». Elles est la trace comme d’autres dans le même périmètre de dépôts du Tertiaire et du travail de l’érosion.

Nous nous rendons d’abord sur le lieu-dit “La Garenne” à Puygouzon où le terrain ouvert et bombé a été passé au rouleau. Il est vide de culture. Nous profitons de l’occasion pour observer le lieu à fleur de sol. Quelques «aulx» traînent encore. Autant dire, peu d’éléments  vraiment probants.
En 1967, suite à l’arrachage d’une vigne Jean Lautier et Jean-Pierre Antonini (1) relevèrent un «fond de cabane». C’est une tâche plus sombre qui attira l’attention. Ils remarquèrent la présence de morceaux de grosses poteries épaisses non tournées qui furent attribuées à l’époque gallo-romaine sans grande précision. Il y avait aussi de la sigillée et des outils préhistoriques, type galet de quartz façonné. Il n’est pas rare d’ailleurs que les deux soient associés sur les mêmes sites pour notre plus grande perplexité.
Cette «garenne» était boisée au Moyen Âge. Elle appartenait au XIIIe siècle aux chanoines du chapitre de Saint-Salvy d’Albi qui possédaient le « château de Montsalvy ». Il semblerait que l’endroit était réservé à la chasse. Sur une partie, les chanoines y prélevaient des impôts.
Ce site, que nous connaissons bien, en position dominante, aurait été fortifié ou fossoyé (à présent comblé) sur la partie basse ; ce qui n’aurait rien d’étonnant au vu de sa configuration actuelle. Un beau talus, présent déjà au XIXe siècle si l’on se fie aux limites de parcelles du cadastre napoléonien. Une trace d’enceinte ? Possible.

 Limite de parcelle déjà au XIXe siècle. Cadastre dit « napoléonien » . 
Sources: Archive départementale du Tarn

 Vue du ciel, le talus en question en 2013. Sources: IGN ( Géoportail)
Nous avions fait le tour de la parcelle à la recherche de traces d’enceinte il y a quelques années sans grand succès à vrai dire. L’espace sur le bord est vite forestier. En conséquence, il est bien difficile de se faire une idée.

Là où la forme du relief interpelle. Quelle est la raison de ce talus ancien qui n’a vraiment rien de naturel?

Saint-Afric d’Alaux, une église disparue
Faute de trouver de nouveaux indices, nous nous rendons ensuite sur le site de Fournazel où était implantée l’église de Saint-Afric d’Alaux. Première mention: début du XIIIe siècle.(2) On connait sa présence par une bulle papale de 1219. L’église est peut être encore plus ancienne, bien sûr. Elle « disparaît » – reste à savoir jusqu’à quel point – au milieu du XVIIe siècle. Rien sur la carte du diocèse d’Albi du graveur cartographe Melchior Tavernier en 1642. Au passage, en 1700, de l’archevêque Charles Le Goux de La Berchère, lors d’une visite pastorale, elle n’est déjà plus qu’un souvenir. Lui-même l’écrit. Et les habitants des lieux demandent un autre bâtiment de culte proche des habitations.

 Localisation de Saint-Afric sur le Puech d’Alaux. Cadastre dit « napoléonien ».
 Sources: Archive départementale du Tarn
Comme le matériel au sol est copieux (3), il est assez facile de localiser le site. De visible, ne reste plus qu’une croix, la croix d’Alaux et un beau bloc calcaire. Un nom aussi, celui du «cimenteri d’Alaux», ou encore la parcelle de «La Glezia» (4) Cela se passe de commentaire. À signaler que Guy Mercadier y vit une «motte castrale» en 1985 dans son inventaire de l’Albigeois.

En 1870, puis en 1933, les érudits locaux menèrent «des fouilles»(5). Sans trop de ménagement à vrai dire. On sortit des sarcophages. Un de ceux-ci est observable aujourd’hui chez monsieur Bonnet que nous avons rencontré depuis. Il habite au niveau du château d’eau et conserve un spécimen assez abimé comme bac à fleurs.
Beaucoup plus récemment, un exploitant, lors de travaux, a relevé la présence d’un sarcophage qu’il a aussitôt recouvert dans la crainte d’embêtement judiciaire. Rassurons-le. Il s’agit d’une découverte fortuite et pas d’une recherche de trésor. Donc aucun risque a priori, tout au moins avec les services de protection du patrimoine archéologique. Il est  même dommage que nous n’ayons été informé que tardivement. Nous aurions pu faire quelques remarques de nature stratigraphique, entre autres. 
Le site est intéressant et même prometteur car il a été protégé durant toute une période (contemporaine) des assauts du monde rural. Un peu moins des assauts des savants. Par ailleurs, si le sarcophage a été trouvé en place à l’endroit précis de l’aménagement en cause, cela en dit long sur l’étendue du fameux cimetière d’Alaux. La distance à l’église est d’une centaine de mètres. Fort heureusement, les tombes sont profondes à l’abri des détections intempestives et destructrices. Certains en seront pour leur frais.
Nous prenons la voiture pour rejoindre les berges du Tarn.
Un petit tour au « Carla«  à la chapelle Saint-Cécile
Où l’association « Mille étoiles pour l’enfance » aménage une halte sur la berge pour accueillir dès cet été les touristes venus du Tarn par les gabares. Personne. Ce jour-là, impossible de visiter l’intérieur de la chapelle.
Des travaux ont lieu pour permettre aux visiteurs de remonter la pente pour visiter l’église. C’est l’occasion de «fouiller» les déblais et gravats qui couvrent la pente sans grand résultat (6).
Dans la pente justement, nous signalons quand même la trace de couches alluviales quaternaires (7).
La plus haute est formée de cailloutis serrés. Les galets sont de taille inégale mais plutôt petite. Il serait intéressant pour la suite d’établir son exacte position par rapport au bâtiment.

 Couche de cailloutis en place. Fin du Würm
 
Une autre, plus basse, est une couche de limon marneux très compacte, jaune, sans cailloutis. Nous ne pouvons pas mesurer l’épaisseur des couches. À défaut,  nous les prenons en photo.

Nous estimons à 15/20 m le dénivelé du lit du Tarn jusqu’à la terrasse où est installé l’édifice (8) dans les alluvions de la basse plaine à l’abri des crues.

L’église a laissé peu de traces archivistiques. Si l’on s’en tient à celles-ci, elle fut longtemps une ruine. Et même à plusieurs reprises dans l’histoire avant de subir des rénovations plus ou moins durables. Justement ces aménagements successifs rendent difficile une datation d’origine. Son origine, au moins, serait médiévale. Les éléments restants remontent pour la plupart de la fin du XVe siècle avec quelques exceptions tout de même. En l’occurrence, ce «réemploi ».
Le réemploi

Il est encastré dans un mur, côté extérieur. Il s’agit d’une portion de chapiteau à motif floral avec le tailloir sur le haut. De type roman. Période du XIIe siècle. Il est de travers. J’attends une confirmation de Marc ou d’un autre spécialiste. Il y avait d’autres chapiteaux roman à l’intérieur mais ils ont été volés. On conserve cependant quelques photos.

Le bâtiment – sous une forme ou sous une autre – existait déjà début XIVe siècle sur la route qui conduisait de Castelnau à Marssac, rive droite du Tarn. Son tracé est différent de celui d’aujourd’hui. La voie ne longeait pas l’abrupt calcaire mais passait plus avant dans la plaine à proximité de la chapelle.
Bien sûr, sa beauté laisse place à bien des légendes.
Autour, à côté de l’église, il est fort probable – et on s’accorde à le reconnaître – qu’un habitat ait existé au lieu-dit « Mazière » (9) bien avant la fondation de Castelnau-de-Levis. La construction du « castelnau » va entraîner un effacement progressif du petit village. Ce destin, Mazière le partage avec d’autres hameaux des environs.
L’église comme le village auraient eu «l’honneur» (10) d’être détruits lors d’un passage de Simon de Monfort.
Par ailleurs, Guillaume me fait remarquer la présence dans le bâtiment de moellons bien taillés en tuf qu’il est d’après lui difficile de trouver dans les parages. Remonter la vallée du Bigar serait peut être intéressant avec cette objectif : une carrière de tuf. Une comparaison serait pertinente avec les autres bâtiments des alentours. Nous serons vigilants dorénavant. À commencer avec le château de Castelnau et le bâti ancien à Marssac.

 Le tuf constitue une partie des éléments maçonnés, notamment les pierres d’angle.
Vue du ciel
En tout cas, le vaste terrain plat destiné à devenir un parking au nord de l’édifice réserve de bien belles perspectives archéologiques (11). L’avenir dira…
Nous remercions particulièrement Guillaume Pech pour sa compagnie et la confiance qu’il nous a accordée.
Notes
(1) Nous avons pu visiter le site avec Jean-Pierre Antonini en 2005. Il était encore parmi nous. Nous profitons ainsi de ses remarques.

(2) Il est même possible qu’une allusion soit faite sur les lieux dans le Testament de la comtesse Garsinde de Narbonne à la fin du Xe siècle. C’est dire… 

(3) En 2003, nous avons pu le constater. Tegulae (tuiles plates romaines) en contexte plutôt médiéval et terre noire sur le haut. De la céramique type bas Moyen Âge aussi.

(4) Le toponyme La Glezia est une déformation de l’ecclesia, mot grec puis latin signifiant église, qui a fait en italien la chiesa et en français La chaise (La Chaise-Dieu) mais aussi  le mot « ecclésiastique ».

(5) Notamment le colonel Louis Brieussel.

(6) Quelques tegulae serviront à Yann à justifier une présence gallo-romaine. Et pourquoi pas ? On y a trouvé une pièce de monnaie aussi de l’époque moderne.
(7) De – 80 000 à -10 000 av. JC. Creusement intense, remblaiement de la fin des épisodes glacières, suite à des variations climatiques ; c’est une période de forte perturbation du niveau des cours d’eau. Le Tarn comme son affluent le ruisseau de Bigar qui se jette plus à l’ouest.
(8) À quelques 150 m d’altitude environ.
(9) De « maceria ». La ruine en latin.
(10) Une remarque à ce propos. Les exactions causées par Simon de Monfort m’impressionnent beaucoup depuis que je m’intéresse au patrimoine tarnais. Elles sont indénombrables. Les ravages qu’a commis ce « fléau » en quelques chevauchées dépassent l’entendement. Je cherche la part de vérité dans ces légendes dont beaucoup ont pu être construite a posteriori.
(11) Nous y observons des traces circulaires de fosses funéraires néo. C’est leur dimension et leur nombre qui le laisse penser. C’est un espace à protéger et surveiller.
A propos d’indices moustériens livrés par Jean Lautier

A propos d’indices moustériens livrés par Jean Lautier

ESCAPADE du mercredi 12 mars 2015
Marnaves / Tonnac
Secteur : Cordais
Commune : Marnaves et Tonnac
Météo : grand beau temps
Participants : Bernard, Jean-Pierre, Régine, Camille, Louis F., Franck, Claudette et Christophe
Sites visités : sites moustériens du Combalas (vers Rivet) + prospection à Saladis (Tonnac)
Sites vus, évoqués ou à voir : une ancienne église disparue au bord du ruisseau Saint-Guilhem. Faute de temps, nous n’avons pas pu nous rendre sur le lieu de Mayrin, plus au nord, pour y trouver des restes de sarcophages et une pierres sculptée sur façade : un couple de personnages photographié par Jean Lautier. Ce n’est que partie remise.
Voiture : Jean-Pierre
 Ensemble des zones prospectées ce jour-là
Avant les paysans à l’âge des dolmens, les chasseurs du Moustérien
La recherche de sites préhistoriques en plein air spécifiés par Jean Lautier dans ses archives n’est pas facile tant il est vrai que les paysages ruraux ont changé en l’espace de presque 50 ans. Il s’agissait pour nous de retrouver ces lieux fréquentés dès le Moustériens (1) à proximité de mégalithes élevés fort probablement bien après (2). Ces lieux sont indiqués avec plus ou moins de précision par Jean Lautier.
Nous nous garons au hameau de “Rivet”, non pas sans avoir prévenu les propriétaires assez réticents d’abord à l’idée de voir débarquer des « zadistes ». Vite rassurées par nos âges vénérables respectifs (3), ils nous accueillent aimablement. Le propriétaire évoque devant nous l’existence d’un moulin en contre-bas de sa maison d’où il a extrait un grand linteau gravé qu’il a inséré dans son avancée. Nous n’avons pas photographié la pièce.
En outre, le propriétaire évoque le lieu-dit de “Combalas”. Il distingue la bâtisse actuelle dite de « Combalas » des parcelles ainsi dénommées qui sont plus au nord.  Il nous montre au loin un chemin fort dégradé aujourd’hui qui mène à Saladis. Il est encore bien visible sur le cadastre actuel. Pour lui, Combalas fût toujours une ruine, une « bergerie » et ce, déjà à l’époque de son père. Il n’a jamais entendu parler que de dolmens dans ce périmètre.


Nous nous dirigeons sur les lieux indiqués par Jean Lautier.

Au fil des temps, l’évolution d’un paysage
Au milieu de bois clairs composés de chênes verts, ça et là, affleurent de façon discontinue par plaques les grès triasiques du début du Secondaire. Ces roches acides donnent des sols bruns faiblement lessivées. Les paysans y plantèrent des châtaigniers. Restent des spécimens creux encore majestueux. Ils poussent encore sous forme de rejetons.
Faute de terres fertiles, ces espaces ne semblent pas avoir été densément occupés au XIXsiècle (4). L’espace fut longtemps réservé au pâturage. À part exception, bien sûr. Quelques « clairières » étaient encore travaillées, il y a 50 ans à l’époque où Jean Lautier prospectait. Aujourd’hui, plus rien. La friche revient par îlots autour de tas de cailloux, résultats d’épierrage ou de cabanes effondrées. Y abondent les ronces.

La balade est difficile, l’observation au sol impossible. Nous nous nous dirigeons vers le nord. Nous franchissons des barbelés. Des micro-carrière et des ruines de cabanes de pierre, des clôtures se succèdent, périlleuses à enjamber.

Dans sa partie orientale, l’espace est davantage à découvert mais pas plus prospectable car en pelouse. Lors du retour, nous traversons un bois de résineux en plantation dans des parcelles très allongées et étroites qui existaient déjà en 1840. Elles s’étalent entre les deux chemins.

Nous revisitons le dolmen de Saladis au sommet du bois de “Signé Grande” dont j’ai déjà parlé dans une sortie précédente.

À Saladis

Nous nous rendons ensuite en voiture à la ferme de Saladis (5) au carrefour de deux communes mais installée sur Tonnac.

Le propriétaire (80 ans sur un tracteur !) évoque l’existence d’une concentration de tuiles romaines sur le versant qui mène au cours d’eau (3 sur la carte). Il nous rappelle l’existence d’une « église », celle de Saint-Guilhem (en 1) aujourd’hui disparue. Elle serait en bordure de ruisseau. À vrai dire, je ne trouve pour l’instant aucune mention à ce bâtiment nulle part.

Nous finissons par trouver quelques morceaux de silex blanc dont quelques éclats sur le versant en cours de labours. Rien de vraiment probant mais un indice tout de même.
Nous observons des morceaux de tegulae qui proviendraient d’un site à proximité de la serre du bas dans les colluvions du cours d’eau.
C’est tout pour cette sortie.
Notes
 

1.De Moustier en Dordogne. Paléolithique Moyen. Pas après 30 000 avant notre ère. Cela correspond à la présence néandertalienne.

2. En effet, trois dolmens irréfutables sont présents dans cet espace gréseux : les deux de Rivet et celui de Saladis

3. Je ne sais s’il faut le déplorer…

4. Si j’en crois le cadastre napoléonien. 
5. À noter que le toponyme peut faire référence à une demeure seigneuriale au haut Moyen Âge. 

Au coeur d’un souterrain aménagé au Moyen Âge

Au coeur d’un souterrain aménagé au Moyen Âge

ESCAPADE du samedi 7 mars 2015
Souterrain du Puech de Bar
Secteur : Cordais
Commune : Saint-Marcel-Campes
Météo : le printemps enfin.
Participants : Charlette, Werner, Michel, Bernard, Jean-Pierre, Régine,Yann, Louis F., Franck et Christophe
Sites visités : site du souterrain du Puech de Bar
Sites vus ou évoqués :Tour-pigeonnier du Roul, Buffevent, Puech Gaubel, carrière de grès à l’ouest du Roul, une croix planté dans un bloc calcaire.
Voiture : Christophe, Michel et Louis
 Le souterrain du Puech de Bar (source IGN 1/25 000)

Mais d’où vient ce besoin de creuser sous la terre ?

On est moins dans le doute désormais. C’est dans l’histoire des campagnes qu’il faut ranger les souterrains « ruraux ». À l’époque du Moyen Âge, il en existe probablement autour d’une centaine dans l’Albigeois. Peut-être plus (1).
La sortie en 2012 de l’ouvrage Souterrains et cavités artificielles du Tarn de Robert Coustet et Bernard Valette a permis une synthèse sur un sujet controversé.
Longtemps, les pionniers de l’archéologie tarnaise virent dans ces cavités l’œuvre des préhistoriques ou protohistoriques. Au Moyen Âge, ces caves profondes perpétuaient l’esprit de croyances anciennes. Croyances en lien avec le catharisme. La théorie circula longtemps. Il est vrai que les archives inquisitoriales sont riches en mentions à des cathares dans des « cruzels ». C’est le nom donné aux souterrains dans notre région spécifiquement. Aussi, le pape et le comte de Toulouse au début du XIIIe siècle décidèrent leur destruction. D’autres spécialistes, encore, ne voyaient dans les souterrains que des échappatoires à proximité des châteaux. Comme souvent la réalité est moins pittoresque mais tout aussi intéressante.
De l’entrepôt au refuge
En règle générale, les souterrains sont l’œuvre patiente des paysans à la période de plénitude des campagnes tarnaises que constituent les XIIe et XIIIe siècles. Peut être même un peu avant. Proches d’une zone de culture, associés à des habitats, s’ils ont pu servir à des fins défensives, ils sont d’abord des lieux de stockage des récoltes. Mais la raison initiale du creusement est souvent dépassée par d’autres impératifs. On touche là justement un point passionnant de l’archéologie. À chaque fois il faut bien distinguer l’intention première des usages qui diffèrent selon les époques. La fonction du monument ou de l’objet évolue. C’est vrai pour les souterrains comme pour d’autres structures. Ainsi,un menhir devient une croix, un théâtre une place publique, un collier abîmé une attache pour les clôtures.
Le souterrain visité ce jour-là témoigne de ces questionnements. Autrement dit, a-t-il été conçu pour se cacher ou pour entreposer ? A-t-on envisagé les deux cas de figure? Et ceci dès la construction.
Après visite et don de notre brochure sur les souterrains au fils du propriétaire, il nous ouvre aimablement l’accès au site. Nous y parvenons sans trop de difficulté par le versant est.
 
   Plan du souterrain dressé par la Société spéléologique des Pays Castrais et Vaurais
La cavité est creusée au pic dans des bancs de calcaire lacustre du Tertiaire (2).
Cette roche est propice au creusement. La cassure s’y fait à angle vif. L’attaque au pic d’extraction y est plus facile que dans les schistes. Les traces d’impacts des outils sont visibles par endroit.
 
Autres remarques en vrac : en dépit des fortes précipitations ces jours derniers, sur le lieu sont absentes les grandes flaques si fréquentes dans les souterrains. Il n’est pas possible d’y faire des graffitis tant la surface est irrégulière, graveleuse. À l’intérieur, il n’y a pas de traces de maçonnerie ou, tout au moins plus, de traces.
Nous pénétrons par l’entrée basse au flanc du talus. Elle est exposée au levant. Quelques ruines sont autour dans les broussailles, mal identifiables même en période hivernale. Il n’est pas exclu que ces ruines furent autre chose un jour que des bergeries.
Passé le porche, la cavité ouvre sur une salle rectangulaire creusée et aménagée avec des réduits, des niches, des trous de poutre sur les parois. Nous l’appelons le «hall» car ce mot correspond bien au volume et à la possibilité de lumière. Pas de silos (3) mais l’espace peut accueillir du matériel grâce à des sortes de « boxes » creusés.
Il y a deux entrées. Une petite (qui devait pouvoir se fermer) et une plus grande qui a subi des effondrements visibles. Oui, l’entrée est souvent la partie fragile du souterrain. Surtout quand il s’agit de terrain calcaire. Des effondrements ont eu lieu à des époques indéterminées, y compris à l’intérieur.
Le hall du souterrain dans sa partie basse. Une sorte de box sur le côté. On remarque le côté vacuolaire du calcaire.
     Des niches creusées dans la partie nord du hall
Trou de vision, goulot (?) dans un box
Au fond, à quatre mètres, le hall ouvre sur un couloir assez large d’un peu plus d’un mètre pour deux mètres de hauteur. Les côtés droit et gauche permettent un rangement sans gêner le passage. Un homme même grand s’y tient debout.

Le passage voûté en ogive au bout d’un large couloir.

La premier couloir s’achève. Il ouvre à présent par un passage voûté en ogive sur un corridor étroit. De quoi laisser passer un homme. Il mène à un premier coude. Plusieurs se succèdent. Quatre à la file. Deux sont à angle droit, de quoi freiner l’avancée d’éventuels assaillants.
À chaque coude, on distingue les traces d’un système de fermeture. Passés 4 mètres ce corridor de communication s’élargit pour laisser place sur les côtés à deux espaces aménagés en longueur. Un côté est comblé par de gros cailloux en tas. On avance courbé pour les plus grands d’entre nous. La lumière du soleil ne pénètre pas, même quand les ouvertures sont béantes. 
  Sombre corridor lors de son élargissement
Puis c’est la remontée par un escalier à angle avec des marches assez larges surtout dans sa première partie.

 Escalier de remontée pour accéder au plateau
Accès à l’extérieur
À l’extérieur
La galerie débouche au cœur même d’un bâtiment rectangulaire de 4X5m sur la partie sommitale de la butte. Ici, l’habitat de surface n’a pas disparu. Ce dernier est en relation direct avec le souterrain. Reste à connaître la nature de cet habitat à l’origine (4).
Il semble qu’il y avait une fissure naturelle avec une petite cavité au nord. Il semble aussi que le souterrain ait été éventré sur le haut. Un aven, une crevasse a-t-elle été prolongée ? Ce n’est pas impossible. La cavité servait-elle de cave ? Autour des bases de murs en pierres s’élèvent de 60 cm.
Sortie ou entrée du souterrain au coeur même d’un bâtiment. Jusqu’à quel point la tranchée existait-elle ou est-elle le fruit d’un effondrement ? 
Le mur nord possède les caractéristiques suivantes : les moellons utilisés sont de tailles différentes ; ils sont ébauchés, jamais équarris, posés à sec apparemment mais nous ne sommes pas assez instruits pour le certifier. La nature pétrographique est le calcaire blanc et le grès que l’on trouve quelques 100 m plus au nord et à l’est. Nous avons repéré une micro-carrière. L’épaisseur du mur est de 80 cm.
 Composition d’un mur du bâtiment. Ici, des blocs calcaire grossiers.
Dans la perspective du premier, un deuxième bâtiment s’étend quelques 5 mètres plus à l’ouest. Il est plus difficile d’en cerner exactement les limites. La SSPCV y trouva une fusaïole (5) en terre cuite à l’aplomb d’un mur lors d’un sondage en 2010 (6).
Découverte de seuils
L’un des bâtiments s’ouvrait au sud par une porte. Un seuil en pierre de taille en grès a été repéré et   « défeuillé ».
 Seuil du premier bâtiment.

Un autre seuil, à l’ouest, celui du deuxième bâtiment est visible. Ces seuils peuvent nous donner le niveau d’un sol de circulation. En cela, leur découverte n’est pas dénuée d’intérêt. Il est peu probable qu’ils aient été déplacés. Nous notons la présence de ces seuils avec des rectangles rouges sur le plan.
La tour du Roul dans un sale état
Par la suite nous nous rendons au lieu-dit du Roul où nous prenons la tour-pigeonnier en photos. L’édifice ressemble comme un frère à la tour carrée de Salles-sur-Cérou si ce n’est son état de conservation, très dégradé. Un crépis grisâtre couvre les façades et rend les observations difficiles. Roul ferait-il partie de ces « forts villageois » dont parle Élodie Cassan (7) au même titre que Frausseilles, Mouzeys, ou Souel ? C’est envisageable à la lueur des signes extérieurs du bâti. Sont remarquables une fenêtre géminée — si l’on en croit la trace d’une colonnette dans la façade — et une porte en arc brisé s’ouvre en bas de la tour (8).
On peut, au vu des indices, évaluer la construction de la tour à la fin du XIIIe siècle.


Trace de colonnette dans la façade


Cette tour pourrait faire l’objet de nouvelles investigations en contactant le propriétaire.

(1) Oui, notre territoire est « un vrai gruyère » : carrières, caves, silos, souterrains. 
(2) Nous n’y avons pas repéré de fossiles.  
(3) À vrai dire, nous n’avons pas réalisé une observation précise du sol. La tâche ayant déjà été accomplie par nos collègues de la SSPCV. 
(4) Le statut exact des habitants qui possédaient un souterrain questionne les archéologues.
(5) Une « fusaïole » est un anneau utile pour le tissage des textiles. Voir ci-dessous. 
(6) Le souterrain a été visité par Jean Lautier auparavant.
(7) Élodie CASSAN – Des forts villageois autour du castrum de Cordes en Albigeois : défense des campagnes et évolution des paysages du XIVe au XVIIe siècle, Archéologie du Midi médiéval,tome 29, 2011
Je retiens aussi que le fils du propriétaire me parle d’une autre tour dont il a gardé une marche d’escalier à vis, plus au sud de la première. À voir avec le propriétaire des lieux.
(8) Ouverte plein nord, bizarrement.



Fusaïoles trouvées dans un souterrain au cours d’un sondage



Livre idéal pour découvrir les souterrains du Tarn